Comptes rendus au Parlement, t. VI, p
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ou le progrès de leurs établissements. Ce n'était pas toujours chose facile, car le roi, les ministres, Les prélats, les plus puissants personnages de la noblesse ou du clergé favorisaient une
œuvre dont l'utilité s’imposait. Ainsi Louis XIII, reconnaissant du
service que les Pères rendaient à la jeunesse française, les aïdaït de tout son pouvoir. Ayant su que la dotation du collège de Paris était devenue insuffisante par suite de l'augmentation du personnel enseignant, il résolut d'y pourvoir. En 1621 il s’adressait à son grand aumônier, le cardinal de La Rochefoucauld, et le priait d'appliquer à cette maison quelques bénéfices. « L'estat de mes affaires, lui écrivait-il, ne me permettant pas d’y contribuer de mes propres moïens.. j'ay appris qu'il y a plusieurs maladreries vacantes et auxquelles il n’y a, grâces à Dieu, maintenant auleuns malades n’y aultres charges. J'ay estimé que le revenu de celle qui est près de ma ville du Mans, de celle qui est proche de Beauvais et de celle de Pompone ne sauroit estre plus utillement, employé qu’à l’effect susdit. Et pour ce j'ay bien voulu vous en advertir et prier d'y donner vostre consentement et de vouloir faciliter l'union des dites maladreries au collège des Pères.
Jésuites !. »
L'exemple du roi était, peu après, suivi par l’évêque de Luçon. L'acte d’une donation qu'il fit le 8 janvier 1622, nous montre ce qu'il pensait alors de l'Ordre de saint Ignace. « Il n’est personne qui ne voie, personne qui n’admire, disait le prélat, combien le peuple catholique est redevable à la florissante Compagnie de Jésus, dont les ouvriers travaillent avec tant de succès à la vigne du Christ. Ce n’est pas sans un vif sentiment de plaisir que nous constatons surtout les fruits abondants et incroyables que la France entière recueille du collège de Clermont, placé en quelque sorte au cœur du royaume pour être dans l'Univers chrétien une source de vie et des plus purs sentiments. Touché de ces motifs, nous pensons qu'il est du plus haut intérêt pour la gloire de Dieu et l'utilité de l’Église, que nous aïdions et favorisions selon nos forces la Société de Jésus. C’est pourquoi, de notre plein gré et librement, nous promettons de payer chaque année au collège de Clermont la somme de mille livres, à prendre sur quelqu'un de nos bénéfices... jusqu'à ce que nous puissions la remplacer par un bénéfice ecclésiastique de même valeur ou par une pen-
1. Lettre du roi au Cardinal de La Rochefoucauld, 14 oct. 1621. (Archiv. nat., ms. 941.) — Réponse du cardinal, 3 déc. (Bibl. nat.,"fr. 9758, f. 170).
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sion équivalente. Ce que nous promettons d’exéeuter volontiers dans l’espace de trois ans, en témoignage de notre sincère affection envers la dite Compagnie !. »
Le collège parisien regorgeant d'élèves avait aussi besoin de dilater son enceinte. La cour de Langres où les Pères s'étaient établis après avoir quitté l'hôtel de Clermont, avait son entrée sur la rue Saint-Jacques. Resserrée à gauche par le collège des Cholets, à droite par le collège de Marmoutiers et celui du Mans, elle s’étendait en profondeur jusqu’à la petite rue Sainte-Barbe. L'ensemble des bâtiments formait ainsi un carré long, fort étroit et rétréci encore à ses extrémités ?. On conçoit le désir d’agrandissement qui hantait les Jésuites, Ils avaient commencé par acheter le long de la rue Saint-Jacques huit maisons particulières : quatre en montant, adossées aux Cholets; quatre, en descendant, adossées à Marmoutiers. Ils portèrent ensuite leurs vues sur le collège du Mans à. :
Ce collège, fondé vers 1520, devait son origine aux libéralités du cardinal Philippe de rhone évèque du Mans. Le prélat y avait institué douze bourses pour les jeunes gens pauvres de son diocèse désireux d'étudier en l’Université de Paris‘. Mais l’enseignement y fut suspendu en 1623, à cause de l'insuffisance des revenus, et Charles de Beaumanoïr de Lavardin, qui occupait alors le siège épiscopal du fondateur, permit au Prineipal de louer les chambres au profit de l’établissement. Les Jésuites se présentèrent pour acquéreurs; mais l'Université de Paris ayant eu vent de l’affaire, et pressentant une diminution de son influence dans la perte d’un de ses collèges, s'opposa par un acte du 12 septembre 1625 « aux entérinements et vérifications des traités et conventions faites ou à faire avec les prêtres et écoliers du collège de Clermont’ ». Cela n'empêcha point M® de Beaumanoir de passer le 11 octobre avec le P. Filleau, Recteur, ‘un contrat par lequel il cédait le collège du Mans avee toutes ses dépendances aux Jésuites. Ceux-ci s'engageaient de leur côté à acheter pour ledit seigneur évêque une maison choisie par lui dans
1. Acte de donation de 1.000 livres de rente, traduit sur le texte latin envoyé au P. Général. (Épistolae cardinalium). Cf. Litlerae annuae 1622 (Franciae historia, LAID: |