‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 36 sur 308 · Voir t. I, p. 288 et suiv · texte numérisé non relu

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En fait, l'Université de Tournon ne comprenait pas toutes les facultés. Ce n’était alors qu'une modeste école de grammaire, de philosophie et de langues, autrement dit une Faculté des Arts dont les gradués jouissaient des mêmes avantages que ceux de l’Université de Paris. On n’y vit jamais aucun professeur de médecine ou de droit. L'enseignement de la théologie n'y fut autorisé qu'en 15841. Après l’édit de rétablissement de la Compagnie, Henri IV confirma les droits d'Université jadis octroyés au collège « à cause de la profession des lettres latines, grecques, hébraïques, chaldes, morale et naturelle philosophie », et il les étendit encore en permettant les leçons de métaphysique, de mathématiques et de théologie « tant scholastique que positive? ». Le comte Just de Tournon, ayant reçu du roi plein pouvoir, fit constater ces droits l'année suivante, et il fut convenu ‘entre lui et le P. Richeome, provincial de Lyon, que « doresnavant on tiendroit lecture de la langue hébraïque, de mathématiques, de philosophie entière et parfaite et des autres sciences », comme dans les « grands collèges et universités de l’Institut? ». Un nouveau contrat fut passé à ce propos, puis soumis au P. Général, auquel on demanda son approbation. Et comme la pré-, sence de nouveaux professeurs nécessitait une augmentation du revenu, le comte promit une rente annuelle de quatre mille livres, jusqu'à l’union d’un bénéfice d’égale valeur. Ce don généreux de « l'illustre et puissant Seigneur de Tournon », ajouté à plusieurs autres, lui mérita le titre de « second fondateur de l’Université? ».

Celle-ci, au début du xvu° siècle, était assez florissante. « Il y avoit, dit un témoin (le chanoine Debane), environ sept cens escolliers estudiants à Tournon, la pluspart gentilshommes; non pas tant seulement des provinces voysines, mais des plus esloignées : Picards, Normands, Bretons, Champenoys, : Tourangeois. Au logis où j'estois en pension... nous estions vingt escolliers, dont le plus honorable, tant à cause de sa nayssance et profession, estoit messire Françoys de Gondi, fils de feu M. le duc de Retz, abbé de Saint-Aubin et du despuis archevesque de Paris. IL y avoit aussi deux chanoynes, comtes

. Histoire ms. de la fondation (Tolesan., Fundat. colleg., t. IV, n. 58). . Patentes de Henri IV, octobre 1604 (Archiv. de l'Ardèche, D. coll. de Tournon). . Lettre du comte Just au P. Général (Archiv. du coll. St-Joseph à Lyon). . Donation du comte de Tournon (Tolosan. fundat. colleg., t. IV, n. 64).

5. Lettre du P. Général au comte de Tournon, 25 août 1605. (Lugdun. Epist. Gen.)

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