‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 103 sur 375 · Les autres étaient à Dijon, Autun et Mâcon · texte numérisé non relu

Les autres étaient à Dijon, Autun et Mâcon

5. Lettre du P. Général au P. J. Fr. Suarez, 3 octobre 1617 (Tolos., Epist. Gen. t. I).

6: Lettres du P. Général au P. Dandino, visiteur, 19 avril 1618; au P. de Canillac, 27 décembre 1628 (Ibidem).

réunit Les deux villes sous le nom de Clermont-Ferrand, en laissant à chacune son administration municipale distincte : transféra la Cour des Aides de Montferrand à Clermont et le collège de Clermont à Montferrand, et, du même coup, donna la direction de celui-ci aux Pères de la Compagnie de Jésus. « Voulons, ajoutait-il, que la levée qui se fait par chacune année pour les affaires de nostre pais d'Auvergne, soit augmentée à l’advenir de quatre mil livres... pour ladicte somme estre délivrée, quartier par quartier, au procureur desdits Pères Jésuites pour leur entretènement, et affectée exclusivement à la dotation dudit collège. » Aussitôt les consuls de Montferrand communiquèrent l’édit aux Pères de Billom? et envoyèrent un exprès à Toulouse avec des lettres pour le P. Provincial, lui demandant « d’agréer et consentir à l’établissement* ». Bien que le roi eût donné un ordre formel, l'acceptation du collège par la Compagnie dépendait du seul P. Général. Le P. La Caze répondit donc : « Tandis que vous travaillerez à la vérification de l’édit et à faire vuider toute sorte d'oppositions... j'advertiray amplement nostre Père et espère que nous aurons à temps les pouvoirs nécessaires pour agiré. » Les difficultés, prévues par le P. Provincial, ne vinrent pas de la Compagnie, mais des habitants de Clermont, lesquels déclarèrent hautement qu'ils ne consentiraient jamais à la suppression et translation de leur collège. L’évêque surtout, Joachim d’Estain g, protesta contre une telle mesure et combattit énergiquement pour le maintien d’une maison qu’il avait toujours honorée de ses faveurs6. Le litige fut déféré au roi; les consuls de Clermont et ceux de Montferrand envoyèrent à Paris des députés pour soutenir leurs intérêts respectifs. Le P. Jacquinot, provincial de France, ayant été consulté, proposa un accommodement : on bâtirait « entre lesdites deux villes » la nouvelle Cour des Aides et le nouveau collège; celle-là «tirant du milieu audict Clermont », celui-ci « tirant du milieu audit Montferrand », et l'on conserverait à l’ancien collège de Clermont quelques maitres pour apprendre aux tout Jeunes écoliers « à lire, à escripre et les rudimens’ ».

. Edit du 3 avril 1630 (Archiv. comm. de Clermont, fonds Montferrand, AA, 21). - Délibération du 22 juin {630 (Arch. comm. Montferrand, BB, 55, f. 35-38). . Ibidem.

- Lettre du P. La Caze aux consuls de Montferrand, 28 mai 1630 (Archiv. comm., AA, 26).

5. Délibération des 27 juin et 5 août 1630 (Archiv. comm., Clermont, BB). 6. Délibération du 14 juillet 1630 (Archiv. comm., Montferrand, BB, 55, fol. 44-45), 7. Articles proposés par le P. Jacquinot pour accorder les deux villes (Archiv. comm., Montferrand, AA, 21).

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Accepté avec quelques modifications par les consuls de Montferrand!, ce projet fut rejeté par leurs adversaires et par l'évêque qui se trouvait alors à Paris. Loin de se rendre, M* d'Estaing déclara qu'il tiendrait plutôt le collège dans son évèché?. Sur les entrefaites un arrêt du Conseil, du 12 mars 1631, ordonna l'exécution de l’édit en permettant aux habitants de Clermont d'avoir trois ou quatre petites écoles séparées pour les abécédaires®. Le prélat n’en persista pas moins dans son opposition, en sorte que Louis XII dût intervenir. Il lui écrivit, sur un ton assez raide, qu’en choisissant Montferrand il avait agi pour de bonnes considérations, et le priait en conséquence de ne plus s'opposer à la translation contre sa royale volonté. Le même jour Sa Majesté mandaït au P. Provincial de Toulouse de ne pas différer davantage l’établissement du collèges.

Les Jésuites avaient-ils espéré, comme le croit M. Jaloustre, que Clermont aurait le dessus6? Il est certain qu'ils auraient préféré s'établir dans la capitale de la province; mais ils s’abstinrent de toute démarche en ce sens, ne voulant qu'obéir aux ordres du roi. Les PP. Fournier et Charbonnier, du collège de Billom, étaient venus s'installer à Montferrand dès le mois de juin 1630 7; les régents, déjà désignés, n’attendaient qu’un signe pour se rendre à leur poste “; mais pleins d'égards pour l'autorité ecclésiastique, les supérieurs ne voulaient rien entreprendre sans son approbation. Par deux fois « avec toute humilité et respect » le P. Provincial la sollicita®. En vain le cardinal de La Rochefoucauld joignit ses instances à celles de la Compagnie; rien ne put briser la résistance épiscopale 1°. De plus, MF d’Estaing comprenant que malgré tout le roi aurait le dernier mot, manifesta sa mauvaise humeur par quelques prétentions un peu blessantes. Il exigea que les Jésuites lui présentassent requête

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