‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 112 sur 375 · Coilegii Turonensis institutio · texte numérisé non relu

Coilegii Turonensis institutio

. 4. Donation en faveur du collège (Francia, Fund. colleg., t. IE, n. 114).

1633, le P. Jacques Dinet remplaça le P. de Lingendes comme Supérieur, et au mois d'août de la même année arriva de Quimper un jeune scolastique dont la santé délabrée réclamait un climat plus doux. C'était Julien Maunoir, le futur apôtre de la Bretagne. Bientôt il eut repris assez de forces pour pouvoir être chargé de quelques enfants que leurs familles, impatientes d’avoir un collège, envoyaient chaque jour à la résidence. Au nombre de cinquante environ, ces écoliers, d'âges différents, ne formaient pas une classe bien homogène; mais il sut leur communiquer l'amour du travail et le goût de la vertu; quand il les conduisait lui-même, le dimanche, à l'église de la paroisse, tout le monde admirait leur modestie dans les rues et leur recueillement pendant l'office divin. Si, dans l'intervalle des classes, il avait quelques loisirs, c'était pour les employer au salut des âmes : on le voyait à l'hôpital, aux prisons, aux faubourgs, parmi les gens du peuple, instruisant, consolant, ramenant à Dieu tous ceux que la Providence plaçait sur son chemin. Tous les dimanches il faisait le catéchisme dans l'église Saint-Pierre-le-Pilier!, où se pressait une foule avide de son enseignement ?. À cet apostolat d’un simple scolastique on peut conjecturer quelles étaient les occupations des religieux déjà prêtres. Si féconds en étaient les résultats que ME: d’Eschaux souhaitait de plus en plus l'établissement d’un collège; mais il voulait — et il l’écrivit au P. Général — que la maison de Tours appartint à la province de France #. « Il est vrai, lui répondit le P. Vitelleschi le 24 mars 1633, mon intention était de la placer dans la province d'Aquitaine. Celle-ci étant moins étendue que les autres, j'avais songé à reculer ainsi ses limites. Toutefois rien ne se fera contre le gré de Votre Grandeur et j'aime à croire que nos Pères, à quelque province qu'ils appartiennent, se montreront à votre égard soumis et respectueux 4. » Ces promesses un peu vagues n'ayant point dissipé les inquiétudes du prélat, le P. Général dut lui dire sans ambages qu'il renoncait à ses propres idées pour lui faire plaisir 5. Dès lors l’archevèque de Tours

1. Le P. Maunoir dit dans son jounal « in aede Divi Petri de Columna ». Des trois églises de Tours dédiées alors à saint Pierre il semble que cette appellation s'applique plutôt à Saint-Pierre-le-Puellier que le peuple nommaïit souvent Saint-Pierre-le-Pilier. Un ancien plan de la vieille ville porte ce dernier nom.

2. Cf. Boschet, Vie du P. Maunoir, p. 49. — Séjourné, Histoire du Vénérable Julien Maunoir, t. 1, p. 45 et suiv.

3. Lettre de Bertrand d’Eschaux à Vitelleschi, s. d. (Archiv. prov. de France, recueil de Rybeyrète, fol. 217).

4. Vitelleschi à B. d'Eschaux, 24 mars 1633 (Gallia, Epist. Gen. ad Externos, 1613-

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