‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 113 sur 375 · Du même au même, 18 juin 1633 (Jbidem · texte numérisé non relu

Du même au même, 18 juin 1633 (Jbidem

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s'employa de tout cœur à transformer la résidence en collège.

Il fallait d’abord un local. Depuis leur première installation, les Pères avaïent changé plusieurs fois de demeure ; celle qu'ils oceupaient en 1634 ne convenait point à un établissement scolaire. On chercha autre chose. Il y avait au centre de la ville un monument de style renaissance dont l'aspect évoquait de lointains souvenirs. Placé à l'intersection de la rue Traversière (Nationale actuelle) et de la Grande-Rue (rue Colbert), c'était au xv siècle la maison de Jean de Beaune, argentier du Dauphin Charles. Elle appartint ensuite au plus connu de ses deux fils, Jacques de Beaune, trésorier de la duchesse Anne (1491), puis « Général des finances » en Languedoc et en Languedoil-Guyenne (1509). Le nouveau propriétaire l'embellit et Fagrandit notablement entire 1506 et 1508. Quelques années plus tard, devenu le favori de Louise de Savoie, il recevait la baronie de Semblançay, et sa protectrice lui faisait cadeau de l'Hôtel-Dunois situé tout près du sien, à l'angle de la Grande-Rue et la rue Neuve (aujourd'hui Saint- Francois-de-Paule). Il unit, par une galerie orientée sud-ouest, les deux corps de logis qui pouvaient s’harmoniser ; après quoi, pour compléter son domaine, il fit l'acquisition de plusieurs immeubles voisins, sur l'emplacement desquels il éleva quelques constructions. Le tout, avec cours et dépendances, formait un quadrilatère, appelé fief de Beaune, et situé entre les rues Nationale, Colbert et Saint-Francoïis-de-Paule actuelles. Au dire des conmaisseurs l'hôtel de Semblançay, chef-d'œuvre d'art architectural, offrait l’un des types les plus achevés de la pure renaissance francaise!. En 1634 il était la propriété d’un tout jeune homme, Louis de La Trémouille, marquis de Noirmoutier, baron de Châteauneuf et de Semblançay, qui ne lhabitait point. Par sa situation centrale et l'agrément d’un jardin assez spacieux, il attira l'attention des Jésuites et de leurs amis. Le 8 juin, au Châtelet de Paris, le P. François Tacon, procureur de la Province, s’en faisait acquéreur au prix de vingt-quatre mille livres, promettait

1. Sur l'hôtel de Semblançaÿ voir Charles de Grandmaison, Fours archéologique et Notice sur l'hôtel Semblançay (Bulletin de la Société archéologique de Touraîine, t. I,.p. 179). Sur Jacques de Beaune, voir Alfred Spont, La Bourgeoisie financière au début du XVI: siècle (Hachette, 1895). Disgracié en 1524, accusé ensuite de péculat et condamné à mort par un tribunal d'exception, Jacques de Beaune subit avec courage un supplice qu'il n'avait pas mérité : deux ans plus:tard on reconnut son innocence. Après son décès, le fief de Beaune fut mis en adjudication, mais, à la demande de la veuve, on en avait distrait le célèbre hôtel qui resta dans la famille jusqu’à l'époque dont nous parlons. Il reste encore de nos jours quelques

vestiges de ce monument historique, assez pour regretter l'incurie de la municipalité de Tours qui n’a rien fait pour le protéger.

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d'apporter cette somme en janvier 1638, et de plus payait sur-lechamp « cent doubles pistolletz d’or d’Espagne pour deux chevaux de carrosse que ledit seigneur marquis a désiré avoir en faveur de ladite vente! ». :

Cette acquisition déplut'au conseil de ville. Il intenta procès aux Jésuites devant le présidial, sous prétexte que l’hôtel servait de logement au roi et à la reine quand leurs Majestés venaient à Tours. Louis XIII, informé de la contestation, fit dire aux Tourangeaux quil trouverait toujours où se loger quand il lui plairait de les visiter, et il autorisa les Péêres de la Compagnie à s'installer dans l'hôtel de Semblançay?.

L’archevèque et son coadjuteur, Victor Le Bouthillier, proposèrent alors aux magistrats municipaux de confier aux Jésuites l'instruction de la jeunesse. La Compagnie, disaient-ils, se contenterait des revenus alors assignés au principal et des deux cent quarante livres que le corps de ville payait à l’Hôtel-Dieu pour le loyer des bâtiments où se trouvait l’ancien collège. Il fut arrêté dans le conseil du 15 mars 1635 que l’on convoquerait pour le lendemain les députés des paroisses. L'assemblée accepta les propositions faites par l'archevêque, mais elle Spécifia que les habitants ne pourraient être chargés d’aucun impôt pour « supplément de dotation du collège ni autres nécessités dudit estahlissement, ains se pourvoiront pour ce regard lesdits Pères Jésuites par autres moiens qu'ils adviseront, et pour cest effect sera traité avec eux soubs le bon plaisir du roy£ ». Un contrat fut passé le 6 septembre entre les députés de la ville et le P. Binet, provincial de France, assisté du P. Charles Paulin, nouveau supérieur. Les Jésuites s'engagèrent à entretenir au collège cinq régents pour cinq classes de lettres. [ls promirent aussi de faire célébrer à perpétuité chaque semaine une messe en leur église à l'intention de feu la Présidente Ealemand, bienfaitrice, et de consacrer un jour par semaine au catéchisme fondé par cette dame».

Malgré la modicité des revenus, le collège renferma dès l’origine un assez nombreux personnel : huit prètres, trois scolastiques

1. Acte de vente de l'hôtel Semblançay (Archives d'Indre-et-Loire, D, 3).

2. Surce différend avec la municipalité, voir Archives comm. de Tours. Délibérations, Vol..38, p. 173 v, 174, 229, 299.

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