‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 116 sur 375 · Voir tome II, p · texte numérisé non relu

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seurs Jésuites!. De retour dans son diocèse, il confia chaque année aux Pères d'Avignon les stations de l’avent et du carème dans sa cathédrale, jusqu'à sa mort arrivée en 1603°. L'année suivante, les consuls firent des avances à la Compagnie, parce que, disaïent-ils, les enfants ne faisaient « aucun proffict, pour n’estre ledict collège tout aïinsy que seroït nécessaire ? ». Pourquoi le projet resta-t-il en suspens durant trente années? Dans Arles, comme dans bien d'autres lieux, les Jésuites comptaient des partisans et des adversaires, lesquels avaient à tour de rôle là prépondérance dans l'administration municipale. De plus, la ville épuisée à la fin du xvr siècle par toutes sortes de calamités, ne s’en était pas encore relevée, De là des hésitations, des desseins aussitôt abandonnés que formés. En 1607 on obtient brevet du roi pour l'établissement d'un collège de Jésuites“; puis, on s'adresse aux Minimes en 1609 et en 1614°; aux Pères de l’Oratoire de Saint-Jean d'Avignon, ou Doctrinaires, en 16206. :

Gaspard du Laurens, successeur de M del Monte, avait sans doute prévu cette inconstance et ces difficultés, quand en 1606, il proposa aux supérieurs de la Compagnie la fondation d'une maison professe dans sa ville archiépiscopale. Les Pères de la province de Lyon, qui n’en avait pas encore, accueillaient bien cette idée ; elle plut également au P. Général?. Cependant rien ne se fit : ceux deshabitants qui tenaient pour les Jésuites préféraient ù les avoir comme éducateurs de la jeunesse. Finalement ce fut d’abord en qualité de missionnaires que ces religieux s’établirent dans Arles, avec l'appui de Gaspard du Laurens. En 1625, ils y louèrent une maison, organisèrent une chapelle au rez-de-chaussée, et eurent bientôt fait de gagner par leur dévouement les sympathies de la population. Ils surent aussi se concilier l'estime du nouvel archevêque, Jean de Jaubert de Barrault, par leur esprit de soumission. En 1631 le prélat voulut obliger les religieux de son diocèse à un examen inter privatos parieles, ayant

. Délibération du 28 octobre 1604 (Archiv. comm., BB, 19, fol. 548-549). . Délibération, 15 décembre 1602 et 20 mai 1603 (Jbidem, fol. 360-364, 408-409). . Délibération du 28 octobre 1604, déjà citée.

4. Brevet de Henri IV, 13 février 1607 (Archiv. des Bouches-du-Rhône, greffe de la Sénéchaussée d'Arles, lettres roy., 1622-1638, fol. 547).

5. Délib. des 1° janvier, 25 mars, 5 juillet 1609, 27 décem. 1614 (Arch. comm., BB, fol. 111, 143, 184; 349-350, 613-614). .

6. Délibération du 5 juillet 1620 (1bidem, BB, 24, fol. 41-42).

7. Lettre du P. Général au P. Richeome, 30 maï 1606 et aux consuls d'Arles, 27 juin 1606 (Lugdun., Epist. Gen., t. I).

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de leur accorder les pouvoirs de prêcher et de confesser. Les Dominicains, les Cordeliers, les Récollets, les Carmes et les Minimes protestèrent, tandis que les Jésuites, avec les Trinitaires et les Capucins, reconnurent la légitimité de l'Ordonnance archiépiscopale comme conforme aux prescriptions du concile de Trente, et ne se prévalurent point de leurs privilèges. L’archevêque ne fut pas insensible à leur procédé. Aussi, ayant supprimé en 1633 les paroisses de Saint-Vincent et de Saint-Georges pour les unir à celle de Sainte-Anne, donna-t-il aux Jésuites l’église Saint-Vincent avec la maison du curé où ils demeurèrent jusqu'à l'installation du collège!. La chambre de ville, à son tour, prit à leur égard des sentiments favorables, si bien que dans une délibération du 1° mai 1636, les consuls, ayant à renouveler le mandat du principal, résolurent à l'unanimité de leur confier le collège, au moins «pourun:certain temps? ». M“ de Barrault approuva sans réserve cette résolution « à l'instance, disait-il, que plusieurs personnes notables [lui avaient] faictes sur le même subject, y joinct la doctrine et piété desdits Pères », dont il espérait le plus grand profit pour la ville?.

L'affaire était donc en bonne voie, lorsque les consuls d'Aix firent opposition, déclarant qu'un des articles passés avec la Compagnie pour la fondation de leur collège Royal-Bourbon, portait qu'elle « me pourroit en avoir aucun autre en Provence ny ès terres adjacentes # ». En même temps ils menacaiïent de ne plus payer de revenus aux Jésuites de cet établissement, si Arles l’emportait. Le P. Recteur d'Aix protesta qu'il resterait neutre dans Le conflit, aussi bien, ajouta-t-il, la solution dépend du roi, auquel tous sont tenus d’obéir°. Les réclamations s’arrêtèrent là, et Louis XIII, par lettres patentes du mois de juillet 1636, permit à la Compagnie de Jésus de s'établir au collège d’Arles, suivant les conditions du traité qu'elle ferait avec la ville6. Les articles en furent débattus dans un conseil du 15 octobre de la même année. Voici sommairement ce qui fut proposé. Le collège serait remis pour six ans, avec 2.000 livres de rente, aux Jésuites qui devront

1. Annales de la ville d'Arles, année 1636 (Aix, Bibl. Méjanes, ms. 897).

2. Délibération du 1°* mai 1676 (Archiv. comm., BB, 27, fol. 151-152).

3. Consentement de l'archevêque, 15 mai 4636 (Archiv. des Bouches-du-Rhône, greffe de l’Archevêché, 1631-1639, fol. 217-218).

4. Délibération consulaire d'Arles, 14 mai 1636 (Archiv. comm., BB, 27, fol. 166).

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