‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 121 sur 375 · COLLÈGE DE FONTENAY-LE-COMTE · texte numérisé non relu

COLLÈGE DE FONTENAY-LE-COMTE

paux !, sollicitèrent et obtinrent de Louis XII, au mois de novembre 1635, des lettres patentes, les autorisant à accepter le legs et tous les dons qui leur seraient faits dans l'avenir à la même fin ?.

Les héritiers de Michel Brisson ayant contesté Les droits de la Compagnie, un arrêt du conseil déclara, le 13 janvier 1637, bons’ et valables le testament et le codicille, mais il réduisit la part qui revenait aux Jésuites et en même temps leurs obligations : ils ne recevront que la moitié des biens à eux délaissés « pour establir audit Fontenay une maison et résidence [où ils] auront seulement deux classes d’humanités, et demeureront deschargés d'enseigner la rhétorique, dialectique, mathématique, langue grecque et Institutes de l’empereur Justinien”. » Entre temps les héritiers avaient tellement embrouillé les affaires de la succession, qu'il fallût au P. Jean Gaultier autant de patience que d’habileté pour les démêler et reconnaitre clairement la part de la Compagnie “. D’après certaine estimation il lui revenait trois mille livres de rente : ainsi l'avenir du petit collège se trouvait assuré. M de Béthune pria donc le P. Général de l’établir au plus tôt; il osa mème lui demander non deux, mais trois classes,

car, disait-1l, quand le conseil rendit son arrêt il ne se doutait point « que la moitié de l’hérédité viendroit si hault° ». Le

P. Vitelleschi, reconnaissant la justesse de l'observation, acquiesça 6.

Avec les héritiers Brisson les choses n’allèrent pas si vite; comme ils se refusaient à tout arrangement, l'ouverture du collège dut être longtemps différée’. En attendant, les catholiques de Fontenay s’occupèrent de préparer un local. Les trois paroisses de la ville s’étant réunies le 28 juin 1637 en assemblée générale, on décida de faire une quête dont le produit servirait à acquérir un emplacement et à bâtir l'habitation des Pères et les classes. Un mémoire du temps contient les noms de quatre-vingt-dixsept bourgeois, avecla quote-part de chacun dont le total se montait à deux mille cent cinquante et une livres, sept sols, quatre

1. Consentement de l'évêque de Maillezais, 4 octobre 1635 (Archives de la Vendée, D;2,7n%9) 3 . Patentes du roi, novembre 1635 (Jbidem, n. 10). . Arrêt du conseil privé, le 14 décembre 1635 (1bidem, C, 3, n. 1). . Lette du P. Général au P. Gaultier, 8 septembre 1637 (Aquitan. Epist., t. 11). . Lettre du M£"' de Béthune au P. Général, 7 juillet 1637 (Epist. Episcop.). : Lettre du P. Général à M£' de Béthune, 23 août 1637 (Aquitan., Epist. Gen., t. II). . Lettre du P. Général au P. Jacquinot, 1°" septembre 1638 (Zbidem). . Assemblée du 28 juin 1637 (Archiv. de la Vendée, D, 26, n. 1).

wo D

@Œ 1 CE Qt À

deniers. C'était sans doute les mieux disposés envers la Compaghie; mais il est probable que dans une ville de neuf à dix mille âmes, comme était alors Fontenay, beaucoup d’autres contribuèrent à l’œuvre entreprise !. En effet, par acte du 29 octobre 1637, les Jésuites pouvaient acquérir de François Brisson, sénéchal de Fontenay, différents terrains pour lesquels ils donnèrent d’abord une rente de deux cent vingt-deux livres et s’obligèrent de payer deux mille deux cents livres qu’ils acquittèrent le 9 mars 16382. Sur ces terrains on commenca les constructions, et en 1639 grâce à la bienveillance de M® de Béthune quatré Pères purent s'installer dans la ville.

Cependant Les difficultés avec les Brisson ne s'étaient pas toutes aplanies. Le 18 janvier 1640 intervint une transaction : ils consituèrent aux Jésuites « deux mille quatre cents livres de rente au principal de 43.000 livres amortissables en trois années, et de plus s’engagèrent à leur payer deux mille livres à la Saint-Jean? ». Nous ne savons quelle fat exactement la date de l'ouverture des classes. De deux lettres du P. Gaultier on peut induire qu'elle eut lieu au mois d'octobre 1640; il n’y eut d’abord que deux professeursi. L'année suivante le P. Fronton Gadault fut nommé recteur et le personnel s’augmenta d’un troisième régent’. En 1645 Henri de Béthune unit au collège Le prieuré de Saint-Avertin des Deffens, d’un modeste revenu de deux cents livres6. Aussi bien,

- du côté pécuniaire les Pères eurent-ils longtemps à souffrir, car

les héritiers Brisson ne remplissaient par leurs engagements. On dut les traduire devant le Conseil où ils farent condamnés à payer dans six mois les quarante-trois mille livres convenues; passé ce délai, les Jésuites étaient autorisés à se mettre, jusqu’à concurrence de ladite somme, en possession des domaines délaissés par : Michel Brisson; ce qui fut exécuté le 11 octobre 16617.

k. Le collège de Fontenay est le dernier fondé par la Compa-

Page 1