Fassin, op. cit., p
fonder une maison de probation, à laquelle seraient annexées deux classes de grammaire et une d’humanités !. Or, à la même date et toujours dans le même esprit, il autorisait les Jésuites à rouvrir leur collège de Rouen et à établir dans cette ville un noviciat. Les supérieurs ne pouvant en ériger deux à la fois, donnèrent la préférence à la capitale de la Normandie. Ensuite, pendant trente ans, les religieux de la Compagnie durent se contenter de faire de courtes apparitions à Fontenay où ils étaient souvent appelés comme missionnaires.
Mais les habitants de la ville ne perdaient point l'espoir de leur fonder un collège, et nous voyons d’éminents prélats les aider de leur influence. En 16908 ce fut le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, auquel le P. Aquaviva eut le regret de répondre par un refus, vu la multitude des collèges ouverts à ce moment?. En 1628 ce fut Henri IL d'Escoubleau, frère du cardinal de Sourdiset évêque de Maillezais, qui invita le P. Coton à prêcher à Fontenay-le-Comte l’octave du Saint Sacrement afin de préluder à quelques négociations avec les autorités municipales *. Sans faire totalement défaut, les ressources n'étaient point proportionnées aux besoins de l’entreprise 4 : on la remit à des temps plus favorables, espérant que la Providence y pourvoiralt.
De fait elle y pourvut en secondant les bonnes intentions d’un enfant de Fontenay. Par ses testament etcodicille du 20 mars 1620 et 10 septembre 1627, Michel Brisson, seigneur de L'Eraudière, receveur des tailles à Montreuil-Bellay, légua une notable partie de ses biens aux Pères de Poitiers pour la fondation, dans sa ville natale, d’un collège où trois régents enseigneraient « la grammaire, rhétorique, dialectique et la mathématique »; si les revenus étaient plus quesuffisants on ajouterait un autre professeur pour enseigner la langue grecque et les Institutes de Justinien °. Après la mort du testateur, les Jésuites, du consentement de Henri de Béthune, évêque de Maïllezais, et des officiers munici-
1. Brevet du 28 février 1604 (Archiv. prov. de France, Pièces manuscrites, fol. 198); — patentes du mois de juin 1604, où le roi expose sa pensée (Archives de la Vendée, D, 2, n. 1).
2. Lettre du P. Général au cardinal de Sourdis, 1° avril 1608 (Aquitan., Epist. Gen... Ta
3. Lettre de M. Besly à Dupuy (Bibl. de l’Institut, coll. Godefroy, 269, fol. 2-12).
4. Lettre du P. Général au P. Coton, 29 juillet 1624 (Aquitan., Epist. Gen., t. Il).
5. Testament et codicille de Michel Brisson, 23 mars 1620, 10 septembre 1627
(Archives de la Vendée, D, 2, n. 4). Cf. Comptes rendus au Parlement, tome VI, p. 638.