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RÉSIDENCE DE BOURG-EN-BRESSE

classes. Le syndic de la ville fut donc envoyé au P. Provincial de Lyon pour solliciter cette faveur. Le P. Filleau lui répondit «que la résidence n’enseignoit ni plus ni moins que La mission. : que |celle-ci] étoit temporaire et [celle-là] pour toujours.…., que la ville se trouveroit engagée et ne pourroit par après congédier

[es Pères]...; de quoy il leur donnoit advis pour délibérer? »,

L'absence des registres municipaux de 1633 à 1637 nous empêche

de connaïtre les résultats des délibérations du conseil; nous

savons seulement que la question fut reprise en 1637, lorsque le

P. Bullioud était supérieur de la mission. L'année suivante le P. Général accordait une résidence comme acheminement à un collège ?.

Les syndics élus le 2 novembre 1638 étaient Samuel Guichenon“ et Claude François Beauregard. Le premier, très lié avec le P. Bullioud par la communauté de goûts et d’études, s’intéressait vivement à une affaire qu'il savait être utile à ses concitoyens. Le 19 novembre il annonce au conseil de ville. l'installation d’une résidence, à Pâques, avec deux régents, l’un de rhétorique, l’autre d'humanités, si l’on assurait aux Jésuites huit cents livres par année, en attendant les ressources nécessaires pour un collège. Le conseil effrayé par la dépense demanda le temps réfléchir 5. Guichenon, sans se décourager, renouvela sa proposition le 30 novembre, et, après délibération, on vota la résolution suivante. « Les PP. Jésuites seront continués pour la direction du collège et priés de passer contrat avec les sieurs sindics et autres notables qu'ils adviseront. Lesdits Pères promettront de. faire le collège entier jusqu’à la rhétorique inclusivement, moyennant la somme de quinze cents livres qui seront diminuées à mesure qu'ils seront pourvus de rentes et revenus par bienfaits quelconques et provision de bénéfices. Et en attendant, promettent fournir deux régents de leur Ordre pour la rhétorique et humanités dans Pasques prochaines, pour lesquels la ville païèra quatre cent livres. Se pourvoieront les sindics

1. Brossard, Les Jésuites et le collège de Bourg (Annales, 1872, p. 23).

2. Cité par Brossard dans Mémoires historiques de la ville de Bourg. Extraits des registres municipaux, t. IV, p. 243.

3. Lettre du P. Général au P. Boniel, prov., 6 octobre 1638 (Lugdun. Epist..Gen., t. IL). — Histoire du collège de Bourg (Lugdun. fund. colleg., t. II, n. 69). — « Institutio collegii Burgensis » (Lugdun. historia, t. I, p. 66).

4. Samuel Guichenon, né à Mâcon, vécut longtemps à Bourg; il était avocat au siège présidial et bailliage de Bresse.

5. Délibération du 19 novembre 1638 (Archiv. comm., BB, 96). Cf, Buche, Histoire du « Studium », collège et lycée de Bourg, p. 53.

au Roy, par l'intercession de M le Prince [de Condé}, pour obtenir le brevet et provisions requises!. »

Dans la même assemblée du 30 novembre fut discutée la proposition faite au commencement du mois par les religieux Dominicains « de prendre à conditions honnêtes le soin du collège et d'y faire sept classes avec rhétorique, logique et physique ». 11 fut conclu « à la pluralité des voix que les RR. PP. Dominicains seraient remerciés de leur bonne volonté? ». On leur préférait les Jésuites. Cependant, le 27 juillet 1640, ils demandèrent encore la permission d'enseigner la philosophie, et elle leur fut accordée à titre provisoire *.

A partir de Pâques 1639 la ville de Bourg possédait done une résidence avec deux classes. Le 19 mars 164% les officiers municipaux reçurent Les lettres patentes du roi portant « établissement définitif du collège de la Compagnie de Jésus ». Le traité de fondation fut passé entre la ville et les Jésuites dans le mois de juillet de la même année ; toutefois les Pères ne prirent possession du collège qu’en 1647.

11. Ce chapitre ne serait pas complet si nous ne rappelions une troisième et suprême tentative, faite à cette époque par la Compagnie, pour s'établir à Troyes. Nous avons dit plus haut”° qu’une résidence y avait été fondée en 1619, et quelles circonstances avaient amené sa fermeture en 1624. Les Supérieurs n'avaient pourtant pas perdu l'espoir d'y revenir. En 1633 parut une Vie de saint Adérald, chanoine et archidiacre de Troyes, dédiée à l'évêque René de Breslay et à « Messieurs les Vénérables doyens, chanoines et chapitres de l’église très chrestienne de Troyes ». L'auteur, le P. Étienne Binet, s'était proposé de démentir la calomnie, alors très répandue, « que les Jésuites n'’aimoient point les chanoines ni Pordre hiérarchique de l'Église »; il avait voulu aussi réconcilier tout spécialement le clergé et la bourgeoisie de Troyes avec la Compagnie de Jésus. Ge livre fit quelque bruit dans la société troyenne. En même temps les tragédies latines du P. Nicolas Caussin, un enfant de la ville,

1. Délibération du 30 novembre 1638 (Arch. comm., BB, 96). Cf.Brossard, Samuel Guichenon, p. 35; Brossard, Les Jésuites. (Annales. 1872, p- 32-33).

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