INUTILE TENTATIVE A TROYES
répandues à profusion, impressionnaient aussi et d’une manière favorable les esprits. Les personnes qui se piquaient de littérature « en tiraient cette conclusion que les Jésuites étaient des latinistes fort habiles et des maîtres fort aimables! ». Quand le P. Caussin fut devenu confesseur du roi, il obtint, au mois de juillet 1637, des lettres patentes pour l'établissement d’une maison de la Compagnie dans sa ville natale ?.
Les lettres du roi étaient accompagnées de plusieurs autres, du cardinal de Richelieu, de M. de Noyers, secrétaire d'État, et de M. Le Bouthillier, à l’évèque, à Messieurs du Présidial, aux maire et échevins3. Toutes étaient une exhortation à se soumettre à la volonté royale. « Messieurs, disait Le Bouthillier aux officiers municipaux, je crois qu'il est maintenant du bien de la ville d’obéir et de faire volontairement ce que vous ne pouvez ni ne devez refuser: vu même qu'il n’est question que d’une résidence et qu'il n’y a aucun dessein d'établir un collège dans la ville, celuy qui y est étant suffisant pour l'instruction de la jeunesse suivant l'intention de ceux qui l'ont fondé... Vous feriez chose fort désagréable au roy si vous traversiez en aucune façon l'intention de sa volonté sur ce sujet, vous priant de croire que si j'avois jugé qu'il allât en cela de l'intérêt de la ville, j'aurois apporté tout ce qui auroit dépendu de moi pour la détourner, désirant vous faire connaître en toutes les occasions qui s’offriront, que je suis, Messieurs, votre très affectionné serviteur À. »
Les Jésuites pensèrent qu'il fallait tout de suite profiter des lettres patentes. Cependant, afin de ne paseffaroucher leurs adversaires, ils s’introduisirent à Troyes peu à peu. Il en vint unseul au commencement de 1638, puis un second, bientôt suivi d'un troisième et d’un quatrième; les deux premiers appartenaient à la province de France, les deux autres à celle de Champagne . Tous s'installèrent au petit Montier-la-Celle dontune salle fut convertie en chapelle. « Autel, tabernacle, ciboire, ornemens, chaire, confessionnaux, cloches, permission de l'Ordinaire pour célébrer, pour prêcher, pour confesser; tout se trouva établi, disposé, arrangé en un instant comme par un coup de baguetteë. »