Grosley, op. cit., p
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Le Bailliage, toujours hostile, ayant protesté contre l’installation des Jésuites, M. de La Potherie, conseiller d'État vint à Troyes, envoyé par Louis XIIL pour sonder les dispositions des habitants!. Il réunit au mois de février une assemblée générale qui cédant aux excitations de l'avocat Dorieu, se montra opposée à la Compagnie ?. Louis XIII essaya de vaincre cette double résistance. Le 4 mars il écrivit aux officiers de justice :
« Nos amis et féaulx, la satisfaction que nous témoignent tous les jours les villes de nostre royaume où les Pères Jésuites ont esté establis, nous avoït tousjours faist croire que les habitants de nostre ville de Troyes recherchoient très volontiers les occasions de les avoir parmi eux. Ce qui faict qu'ayant esté adverti qu'il s’est ému quelque contention entre eulx sur l'enregistrement des lettres patentes que nous avons fait expédier pour leur establissement en nostre dite ville de Troyes, nous l’attribuons plutost à la difficulté qui s’est rencontrée sur les adresses de nosdites lettres patentes, qu’à auleune mauvaise inclination que vous ayez contre lesdits Pères Jésuites. C'est pour cette raison que nous avons bien voulu escrire ces présentes pour vous exhorter et ordonner, comme nous faisons, que vous ayez tous à concourir unanimement à la réception desdits Pères, suivant nostre désir, afin que l’exemple de vostre concorde, union et obéissance dispose tous les ordres de nostre dite ville de se porter plus promptement à l'exécution en cela de nostre volonté. Sy ny faites faute, car tel est nostre plaisir #. »
Monsieur de La Potherie revint à Troyes, muni d’un arrêt du Conseil d’État qui ordonnait la tenue d’une nouvelle assemblée 4
Elle se réunit le 29 mars. Sur soixante-deux personnes présentes, quarante-deux se prononcèrent en faveur des Jésuites °. Dès le
lendemain, le conseil de ville envoya des députés en cour, pour réclamer contre la décision d’une assemblée qu'il traitait de conciliabule 6. Mais, comme les Pères étaient en possession, et qu'ils paraissaient disposés à s’y maintenir, on eut recours à une agitatation factice de la population. « Les meilleures têtes de l’échevinage, dit Grosley, résolurent de tirer parti des clameurs excitées
1. Procès-verbal de M. de La Potherie (Bib. nat., français, 17717, fol. 1).
2. Assemblée générale de févr. 1638 (Archiv. comm., A, 34, fol. 130).
3. Lettre du roi aux officiers de justice, 4 mars : 1638, publiée par Gosley, op. cül., p. 195-196).
4. Arrêt du conseil d'État, 7 mars 1638 (archiv. de l'Aube, ee 1298, fol. 341 v°)...
5. Piaget, Histoire.de l'établissement des Jésuites en France, p. 572.