FÊTES À LA NAISSANCE DU DAUPHIN
où l’on chanta le Te Deum. Des feux de joie furent allumés dans la ville; au milieu de la place publique, une fontaine improvisée versa au peuple des flots de vin. On ne saurait exprimer les transports d’aflégresse avec lesquels on accueillit partout la nouvelle d’unsi heureux événement !. Le nouveau Dauphin regardé comme un présent du ciel, un don miraculeux, recut le prénom de Louis- Dieudonné.
Le Mercure françois a relaté les réjouissances publiques célébrées alors non seulement à Paris et dans toutes les villes du royaume, mais encore en Suède, à Venise, à Turin, à Rome, à Constantinople. 11 mentionne également les fêtes magnifiques données par les Jésuites dans leur collège de Reims et dans celui de Clermont à Paris. « Les Pères du collège de Clermont dit-il, bordèrent, les murs de leur maison d’une très grande quantité de flambéaux pendant deux jours, et le 7 septembre ils firent un feu d'artifice fort ingénieux, qui fut allumé par un Dauphin en la cour du collège : outre, un balet et comédie représentée par leurs escoliers, à la clarté d’un infinité de lumières allumées dans le mesme lieu. Le 8 septembre ils contimuèrent à donner des témoignages de leur réjouissance en cette occasion, et dressèrent des théâtres, pyramides et autres choses décrites dans les relations journalières?. »
À Reims « le collège des Pères Jésuites parut magnifique : en son frontispice qui représentoit l’horoscope de M£' le Dauphin, peint en or dans une toile azurée, avec une ode latine qui l'expliquoit; et en tous ses quatre corps de logis embellis de plusieurs inscriptions latines et d’une belle scène faite en perspective, sur laquelle fut représentée une action sur le soir aux flambeaux, accompagnez de la lueur que rendoient plus de trois cens lanternes attachées aux fenestres de la court. Cette action fut suivie de cinq balets. Au milieu de la court estoit un obélisque avec quatre pyramides : la pointe de l’obélisque chargée d’un phare, et sa base portoit le nom et les armes du sieur Thibaud, mareschal de camp, qui avoit fourny au frais des feux de joye faits dans le collège où l’un de ses fils estoit pensionnaire?... »
Les poètes de la Compagnie de Jésus chantèrent à l’envi l’êre