‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 162 sur 375 · DESCARTES ET LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

DESCARTES ET LES JÉSUITES

tifiques!. Henri de Valois, élève avec son frère Adrien des PP, Sirmond et Petau, commençait en 1636 cette série d’écrits qui le placèrent au premierrang des plus célèbres érudits de cette époque®?. En 1636 et 1637 parurent deux chefs-d’œuvre de la langue française : le Cid de Pierre Corneille, élève de Rouen’, et le Discours sur la méthode de René Descartes, élève de La Flèche, La polémique que souleva l'apparition de Cartésianisme nous oblige à insister quelque peu sur le créateur de ce système.

7. Le Discours sur la méthode, où sont exposés la théorie du doute méthodique et les moyens de parvenir à la vérité, formait, avec la Dioptrique, les Météores et la Géométrie, les Essais de philosophie de Descartes. Les Essais furent suivis des Méditations métaphysiques en 1641 et des Préncipes de philosophie en 1644. L'auteur, on le sait, avait en estime l’enseignement philosophique de ses anciens maitres. A un ami qui lui parlait d’envoyer son fils étudier en Hollande, il écrivait : « Encore que mon opinion ne soit pas que toutes ces choses qu’on enseigne en philosophie soient aussi vraies que l’évangile, toutefois, à cause qu’elle est la clef des autres sciences, je crois qu’il est très utile d’en avoir étudié le cours entier de la manière qu'on l’enseigne dans les écoles des Jésuites... Je dois rendre cet honneur à mes maîtres de dire qu'il n'y a lieu au monde où je juge qu’elle s’enseigne mieux qu'à La Flècheï, » On conçoit dès lors que Descartes tienne avant tout à leur approbation pour ses propres ouvrages. Bien plus, il les soumet à leur critique. En adressant l’un de ses livres au P. Étienne Noël, alors recteur de La Flèche et autrefois répétiteur de philosophie, il lui dit aimablement : « Je suis bien aise de vous l’offrir comme un fruit qui vous appartient et duquel vous avez jeté les premières semences en mon esprit... que si vous prenez la peine de lire ce livre ou que vous le fassiez lire par ceux des vôtres qui en auront le plus de loisir, et qu'y ayant remarqué des fautes... vous me veuillez faire la faveur de m'en

1. Niceron, Mémoires, t. XXXII, p. 150-11. — Hurter, Nomenclator litterarius, t. 1, p. 802.

Page 1