‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 168 sur 375 · Beaune et d’Arbaumont, op. cil., p. ccLxv · texte numérisé non relu

Beaune et d’Arbaumont, op. cil., p. ccLxv

per

Ce

et servit ensuite dans l’armée espagnole. De retour dans sa patrie, il devint en 1627 un des co-gouverneurs de la cité!. L'année suivante, la peste éclatait à Besançon; tous ceux que ne retenait pas une obligation ou la nécessité cherchèrent au loin un refuge. M. d’Ancier entreprit un voyage en Italie, fit un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, et, après un court séjour à Tivoli, vint s'établir à Rome dans une maison située au-dessous de la Trinité-du-Mont?. Se sentant près de sa fin, le 17 octobre 1629, en présence du notaire Jandel et de sept témoins, il dieta son testament, dans lequel, après les préambules d'usage et quelques legs particuliers, on lit les dispositions suivantes :

« Et au surplus de touts et un chaseun ses biens meubles et immeubles, en quelque espèce qu'ils puissent estre, présents et advenir et quelque part qu’ils se trouveront, ledit S* testateur a institué et nommé de sa propre bouche ses héritiers universaux, seuls et pour le tout, les R. P. Jésuites de la Compagnie de Jésus de Besancon: à charge de bastir leur église et reste de leur bastiment à la forme qu'il est commencé. En laquelle leur dite église, ils seront obligés ériger une chapelle, pour... y faire célébrer une messe quotidienne à perpétuité par un prestre qu'ils choisiront, pour l’âme du S‘ testateur..…

« Et en outre veut et entend ledit S# le présent sien testament estre solennellement publié par devant le S“ Official de la court archiépiscopale de Besancon et ailleurs où besoin sera... Et pour exécuteur de ce testament [il] a esleu et nommé M Jean-Jacques de La Tour, baron de Monteley, son cousin ÿ... »

Après la publication du testament Les Jésuites furent mis, le 19 novembree 1629, en possession de l'héritage. L’acceptation du P. Général est du 9 novembre 16304. Les Montaigu, cousins du défunt, réelamèrent aussitôt et demandèrent le séquestre de la succession; déboutés de leur instance, ils attaquèrent le testament. Ils prétendaient que cet acte n'avait pas été entouré des formalités requises, que le testateur n'avait jamais nommé ses héritiers, et qu'il était atteint d’aliénation mentale. Comme les Montaigu n’apportaient qu'un assemblage de faits incohérents,

1. Droz, Hist. du coll. de Besançon, p. 132-138. — Le testament de M. d'Ancier, par l'abbé Besson (Bibl. du col. de Poitiers, Pièces sur les Jésuites). Cf. Revue des questions historiques, 1869.

2. Notes sur la vie et la mort de M. d'Ancier (Archiv. du Doubs, D, 10). Cf. Droz, p= 127.

3. Testament d’Ancier (Archives du Doubs, D, 7). Cf. Droz, p. 100-102.

4. Acceptation par le P. Général, 9 noy. 1630 (Gallia, Variae facultates).

Page 1