‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 177 sur 375 · VI. Archives du département de la Vienne · texte numérisé non relu

VI. Archives du département de la Vienne

Sources imprimées : D’Argentré, Collectio judiciorum, t. III. — Annales des soi-disans

Jésuites, t. III. — Comptes renius au Parlement, t. VIL — Baillet, Vie de Godefroy Hermant. — Jourdain, Histoire de l'Université de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles. — Féret, La Faculté de théologie de Paris, époque moderne. — Douarche, L'Université de Paris et les Jésuites. — Emond, Histoire du Lycée Louis-le-Grand. — Delfour, Les Jésuites à Poitiers. —Chérot, Trois Educations princières. — Gevry, Abrégé de l'histoire du couvent des Frères Précheurs de la ville de Bourges. — Raynal, Histoire du Berry.

— Dupont-Ferrier, Du collège de Clermont au Lycée Louis-le-Grand.

1. La faveur dont jouissait la Compagnie de Jésus dans le domaine de l’enseignement éveilla plus d’une fois, durant la période qui nous occupe, la jalousie de ses rivales, les Universités. Peu graves et peu fréquents avec celles de province, les conflits furent plus sérieux et presque continuels avec celle de Paris. Nous consacrerons ce chapitre à les raconter.

En 1633 éclata un différend entre les Jésuites et l'Université de Poitiers. Le président Rolland, dont on connaît l'hostilité envers la Compagnie de Jésus, a donné dans son Compte rendu

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au Parlement un récit détaillé de cette querelle, maïs en ne consultant que les pièces de provenance universitaire. M. Delfour, dans son ouvrage les Jésuites à Portiers, s’est contenté, comme il l'avoue, de reproduire le récit du Compte rendu, augmenté de quelques documents puisés à la même source. Or il eût été facile à l’un et à l’autre de prêter quelque attention à la Contre-partie. Il existe en effet aux archives départementales de la Vienne un document, assez étendu, portant pour titre Véritable narré de ce qu'ont faict et souffert les Pères Jésuites du collège de Poictiers, en leur différend premièrement avec Michel Amassard, recteur de ! Université de ladite ville, puis avec ledit sieur Recteur et la dite Université. Nous verserons au débat cette pièce inédite et quelques autres, afin de mettre dans tout Son jour un fait d'histoire locale sciemment dénaturé par l'omission des témoignages provenant de la Compagnie de Jésus!. :

Le collège Sainte-Marthe dès son origine et du consentement du P. Général, avait été incorporé à l'Université avec promesse que les Pères se soumettraient à ses lois et statuts dans ce qui ne répugnerait pas à leurs vœux et à leurs règles sa/vo vo{o et requla ipsorum. Depuis lors, lisons-nous dans le Véritable narré, « le collège s’est tousjours maintenu en parfaite paix et très bonne intelligence avec ladite Université, l’espace de vingt-cinq ans et plus. Pendant lequel temps, messieurs les Recteurs venant quelquefois visiter par honneur les classes, ont tousjours esté receus honorablement et ont donné vacances aux escholiers en ces visites d’honneur; ce qui s’est passé diversement selon l'inclination et volonté desdits Recteurs? ».

D'après un très ancien usage, les Facultés choisissaient tour à tour pour Recteur, de trois mois en trois mois, des jeunes gens qui n'avaient pas encore terminé leurs études. 11 suffisait pour l'éligibilité d’être maitre ès arts ou bachelier dans une des trois autres Facultés; on exigeait seulement que les candidats ne fussent pas mal famés : nisi tales sint infamati. C'était vraiment trop peu. Il arrivait souvent que les jeunes Recteurs manquaient de plusieurs des qualités requises pour une si haute charge; dans leur désir d’être populaire, ils prodiguaient aux

1. M. Delfour n’a même pas signalé le Véritable narré dans son avant-propos bibliographique.

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