‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 19 sur 375 · Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 79, fol · texte numérisé non relu

Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 79, fol

2. Lettre de Cheminot à Vitelleschi, 24 décembre 1639 (Companiae historia, t. 1, n. 120).

3. Lettre du P. Général au duc de Lorraine, 28 janvier 1640 (Gall., Epist. Gen. ad externos, 1613-1672).

4. Nous connaissons le sujet de ce mécontentement par une lettre de Cheminot au P. Général. « L'abbé de Jandures a écrit au secrétaire particulier du duc de Lor- « raine : Le Pape me dit que le P. Cheminot estoit un méchant homme; qu’il avoit « produit une escriture que les Pères Jésuites d'ici, auxquels il l’attribuoit, ne reco- « gnoissoient pas, pour en avoir osté certaines clauses et restrictives qu'ils y avoient «mises; qu'on croit qu'il s’estoit fait prendre affin que ces papiers fussent veus; «qu'enfin qu'il s’estoit mocqué de luy. » De cette accusation Cheminot se défend énergiquement et par des raisons qui semblent plausibles (Cheminot à Vitelleschi, 6 juillet 1640, Campan. Hist., I, n. 127).

de rester à Luxembourg ou à Besancon et de ne pas s'éloigner de ces deux villes sans sa permission expresse!. La lettre du P. Général trouva Cheminot à Bruxelles, où il reçut une seconde lettre qui lui renouvelait « sous peine d’excommunication » les mêmes défenses ?.

Ces mesures étaient d'autant plus nécessaires que Charles ne s'était point séparé de Béatrix. Il l'avait emmenée avec lui dans la capitale des Pays-Bas, exigeant du gouverneur, l’Infant Ferdinand, qu’elle y fût accueillie comme duchesse de Lorraine. Il espérait par là faire constater indirectement la validité d’une union que le Pape n'avait pas voulu reconnaitre; et il obtint sur ce point un commencement de satisfaction, car l'Infant ne souleva aucune difficulté sur la question d’étiquette *. Mais pendant que M" de Cantecroix était l’objet de tous les égards à la petite cour de Bruxelles, l'archevêque de Malines communiqua au duc et à la princesse un monitoire du Saint-Office qui leur ordonnait de se séparer immédiatement et les menaçait d'excommunication en cas de refusi. En vain Urbain VIII, joignant la douceur à la fermeté, rappela-t-il à Charles IV Les traditions catholiques de sa famille et ses propres promesses de soumission au Saint-Siège’. Le duc, insensible aux avertissements comme aux menaces, continua de vivre avec Béatrix. Le P. Chemimot protesta bien auprès du P. Général n'être pour rien dans une pareille résolution; ne semblait-il pas pourtant l’approuver, quand il ajoutait qu’il lui était moralement impossible d’abandonner Son Altesse 6?

Mais Vitelleschi ne lui laissa point cette échappatoire : il lui renouvela l’ordre de quitter la cour du duc de Lorraine, le 15 août et le 1° décembre 1641, et encore le 8 du même mois avec conseil de passer à un autre ordre religieux. Cheminot trouvait toujours des raisons pour esquiver les injonctions : tantôt il prétendait n'avoir pas reçu les lettres, tantôt n'en avoir

1. Lettre du P. Général au P. Cheminot, 14 juillet 1640 (Gall. Belg. Epist. Gen., 1626-1641).

2. Du même au méme, 28 juillet 1640 (Fland.-Belg. Epist. Gen., 1630-1643).

3. D'Haussonville, op. cût., t. Li, p. 110. — Dom Calmet, op. cit., t. IT, p. 385.

4. « Nouvelles de Rome », 19 mai et 16 septembre 1640 (Archiv. des Affaires Etrangères, Rome, correspondance, vol. 71, f. 336-428).

5. Brefs d'Urbain VIII au duc de Lorraine, 5 octobre 1640, 1° juin 1641 (Rome, Bibl. Rospigliosi, t. 13).

6. Lettres de Cheminot à Vitelleschi, 5 juin 1641, 2 février 1642 (Companiae historia, t. 1, n. 142, 148).

7. Lettres de Vitelleschi à Cheminot (Campan., Epist. Gen., t. Il). Cheminot étant profès, le pape seul avait le pouvoir de le relever de ses vœux.

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pas compris le sens, tantôt n'avoir pu surmonter l'opposition de Charles IV à son départ. Vitelleschi voulut en finir et lui écrivit le 15 décembre : « Par mes lettres précédentes j'ai souvent prévenu V. R. de s'éloigner de la cour et lui ai défendu, même sous peine d’excommunication, de s'occuper de la cause matrimoniale maintenant réservée au Saint-Siège. Cependant je n’ai rien obtenu, et, au grand scandale et à l’indignation des Pères de la Compagnie et de notables séculiers, V. R. ne cesse d’éluder, voire de mépriser mes ordres, aimant mieux vous en rapporter à des interprétations futiles qu’au sens très clair exprimé dans mes nombreuses lettres. Je vous commande donc, en vertu de Ja sainte obéissance et sous peine d’excommunication encourue ipso facto, non seulement de vous abstenir de tout ce qui aurait rapport au dit mariage, mais aussi de vous éloigner de la cour, au moins deux jours après la réception de cette lettre? » Le P. Jacquinot, provincial de Champagne fut chargé de remettre au P. Cheminot, en présence de témoins, la lettre du P. Général, afin que le coupable ne püt, cette fois, prétexter qu'il ne l'avait pas reçue. Et, de fait, Le 2 février 1641, il en accusait réception. Quant à se soumettre, il ne le pouvait encore, disait-il : le duc ne lui avait pas permis de s'éloigner de sa personne, n’admettant pas que, sous prétexte de vœux de religion, un de ses sujets fût délié envers lui de l’obéissance naturelle et civile, surtout au préjudice de la justice et de l'innocence, car on ne manquerait pas de se prévaloir du départ du confesseur pour attaquer le second mariage à.

Cette dernière considération ne pouvait toucher le P. Général, tout au contraire, Mais Charles IV voyait dans le maintien du Jésuite à son service une garantie de sa bonne foi; aussi mit-il tout en œuvre pour le garder. « Mon Père, écrit-il au P. Jacquinot, jay esté bien aise de recevoir de vos lettres. Quant à ce qui regarde le P. Cheminot et les advis que vous dites vous avoir esté donné contre luy par ceux qui me sont le plus affidés, je ne puis que je m’en estonne, cela ne pouvant venir que de ceux qui sont proches de ma personne, estans de la condition que vous les qualifiés, et par conséquent ils sont coupables d’avoir communication et intelligence avec vous qui estes de France‘;

1. Lettre de Cheminot à Vitelleschi, 14 août 1640 (Campaniae histor., t. I, n. 132), 2. Vitelleschi à Cheminot, 15 décembre 1640 (Campan. Epist. Gen., t. 11).

3. Cheminot à Vitelleschi, 2 février 1641 (Campaniae histor., t. I, n. 150).

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