‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 199 sur 375 · Cordara, L.'c · texte numérisé non relu

Cordara, L.'c

6. Ses ennemis prétendirent qu'il était sujet depuis quelque temps à des accès de folie; fable sans aucun fondement : le Père garda sa raison jusqu’à la fin et c’est en pleine connaissance qu’il transmit ses pouvoirs &e provincial au P. de Mauléon.

Le P. Nicolas Caussin avait paru avec d’éclatants succès dans les principales chaires des provinces et de la capitale, quand il fut chargé en 1637 de diriger la conscience de Louis XIII. Son exil priva le royaume d’un prédicateur convaincu, instruit et disert.

Bien que l’art de la parole n’eût pas encore atteint sa perfection, déjà quelques Jésuites faisaient prévoir la langue du grand siècle. Tel le P. André Castillon, célèbre parmi ses contèmporains pour sa « belle façon » de prêcher!; tel surtout le P. Claude de Lingendes qui, dès son premier avent à la cour en 1643, apparut comme un réformateur de la chaire chrétienne?.

Au-dessous de ces maitres de l’éloquence sacrée, brillèrent, au second rang, plusieurs Pères de la Compagnie de Jésus, dont les noms moins connus de nos jours eurent dans le temps quelque célébrité. Avec le P. Paul de Barry dont nous avons déjà parlé, nous citerons encore le P. Marc de Billy, recteur du collège d’Aix en 1638, les PP.Christophe Le Jeune, Balthazar de Bus, Balthazar Flotte et le P. Alexandre Fichet. Ce dernier, l’un des plus vaillants confesseurs de la religion orthodoxe dans Les provinces du midi, évangélisa Lyon, Grenoble, Toulouse, Marseille, Aix, Dôle, Dijon et beaucoup d’autres villes où il attirait un grand nombre d’auditeurs. Les témoignages contemporains nous assurent que peu d’églises pouvaient contenir la foule venue de loin au seul bruit de sa renommée; alors une tribune improvisée sur la place publique lui servait de chaire, et l’on voyait dans son auditoire des calvinistes mèlés aux catholiques, malgré la défense des ministres?.

D’autres noms mériteraient également une mention spéciale s’il ne fallait nous borner. Le P. Beaumer avait toutes les qualités d'un véritable orateur; mais les hardiesses et les témérités de sa parole obligeaient souvent les supérieurs à resteindre ses ministères; on faillit même lui interdire tout à fait la prédication après de graves imprudences à Rouen en 1640, et à Blois l’année suivante. Les PP. Robert Guyart, Georges de La Haye, Jean-Baptiste de La Barre et Jean Motet parurent avec honneur dans les principales villes du royaume. Le P. Jean de Brisacier qui débuta en 1640 à

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