Cordara, L. c
tion générale il sentait endormie, mais non éteinte, l'hostilité de ses envieux, et il n’apprit pas sans appréhension que Sa Majesté songeait à lui pour l’emploi de prédicateur de la cour, devenu vacant par le départ du P. Suffrenf. Cette marque de distinction n’allait-elle pas susciter des colères parmi Les anciens partisans du duc de Luynes? En homme prudent, le Père évitait de paraitre en public et de fréquenter la noblesse : le ministère de la parole était son seul souci et occupait tout son temps. Malgré ces précautions, de vieilles défiances se réveillèrent. Dix mois s'étaient à peine écoulés depuis son retour à Paris, quand il reçut l'ordre d'aller : à Toulouse comme supérieur de la maison professe. « Personne, écrivait Le P. Vitelleschi, n'avait semblé plus capable de remplacer le P. Charles de Lorraine qui venait de mourir?. » Le P. Arnoux comprit que sous ce prétexte honorable on voulait l'éloigner de la capitale. Quand il vint prendre congé du roi et du cardinal, ceux-ci se montrèrent affables, mais avec une nuance de froideur; l'indifférence qu’ils témoignèrent à la nouvelle de son déplacement lui fit supposer qu'ils en avaient eu l’initiative +. Et c'était vrai. On l'avait accusé de prendre parti pour la reine mère, et donc de nuire au repos de l'État. Louis XIII sans doute n’ajouta pas foi à ces plaintes exagérées, mais pour SOUStraire le jésuite et lui-même à de plus grands ennuis, il résolut de l’éloigner en sauvant les apparences. Par le moyen de son ambassadeur à Rome, il pria le P. Général de vouloir bien le rappeler de telle sorte que le changement parût motivé par une promotion plus importante. Le P. Arnoux faisait fonction de provincial de Toulouse, quand il mourut au mois de mai 1636°.
Le P. Gaspard de Séguiran, lui aussi ancien confesseur et prédicateur du roi, avait repris ses courses apostoliques dans toute la France aussitôt qu’il eut retrouvé sa liberté; beaucoup d'évêques l'appelaient dans leurs diocèses; mais plus que son éloquence, le bien qu’il opérait nous explique sa renommée. fl travailla ainsi jusqu’à sa mort, arrivée le 21 novembre 1644.
1. À la suite de la reine mère; voir Tome IV, chap. xv, n. 5, p. 401.
9. Lettre du P. Général au P. Arnoux, 21 juin 1631 (Francia, Epist Gen. {. V).
3. Lettres du P. Arnoux au P. Général, 6 août (Tolos., Epist. ad Gen., n. 23); 14 août 1631 (Francia, Epist. ad Gen., t. V). .
4. Lettre du cardinal Barberini au nonce, 30 août 1631 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 74, fol. 46). Cf. Cordara, op. cût., l. XVI, n. 255.