‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 208 sur 375 · Le Mercure François, p · texte numérisé non relu

Le Mercure François, p

2. Griffet, Hist. du règne de Louis XIII, t. If, p. 534 — Dans les tortures de la question Grandier avoua les scandales de sa vie, mais nia jusqu'à la fin être coupable de la possession des religieuses. Voir Alphonse Bleau, Précis d'histoire sur la ville el les possédées de Loudun, p.117-119. Le jésuite d'Avrigny (1720) croyait à l'innocence de Grandier, et telle est de nos jours l'opinion de beaucoup d'historiens sérieux. Cf. H. Brémond, op. cil., t. V, p. 179-180 ; — Lecanu, Histoire de Satan, p. 380, 381. — Leriche, Étude sur les possessions.

3. Les faits de surnaturel diabolique rapportés par l'Évangile nous obligent à admettre la possibilité de la possession en, général. Cf. de Bonniot, Le miracle et ses Contrefacons, p. 392.

tâche. Léviathan, le premier démon qu'il réussit à chasser, le 5 novembre 1635, grava, comme signe de sa défaite, une eroix sanglante sur le front de la religieuse; Balam sortit le 27 du même mois, en imprimant le nom de Joseph sur la main gauche; Isacaron, le 6 janvier 1636, en écrivant le nom de Marie audessus de celui de Joseph!. Vaincu par la fatigue, le P. Surin se vit obligé de suspendre ses fonctions d’exorciste? et ne revint à Loudun qu’en 1637. Le 15 octobre de cette année, en la fête de sainte Thérèse, 1l expulsa le démon Béhémoth qui inscrivit le nom de Jésus et celui de saint Francois de Sales au-dessus de ceux de Marie et de Joseph”. De retour à Bordeaux après cette quatrième victoire, le saint jésuite demeura vingt ans le martyr des anges maudits ; torturé par eux dans son corps, il ressentait en son esprit leur désespoir éternel; mais au fond de l’âme il restait paisible et confiant en Dieu. « Qu'il est bon, écrivait1l à un Père de Rennes, d’avoir ensemble la capacité de pénétrer ce malheur [de l'enfer] et de remercier la bonté divine qui nous en à délivrés #. » :

En 1635 plusieurs autres Pères étaient venus à Loudun en qualité d’exorcistes ?. Le P. Général n’avait pu s'opposer à la volonté formelle de Louis XIII et du cardinal de Richelieu; mais il aurait désiré qu’un tel fardeau ne fût que transitoire. Dès le mois de juin 1636, 1l recommanda au P. Binet, provincial de France, d'examiner avec le confesseur du roi, s’il ne serait pas possible d'obtenir de Sa Majesté et du cardinal que les Pères: fussent déchargés d’un emploi si délicat6. IL le désirait vivement, car les lettres qu'il recevait des religieux les plus graves, lui apportant des jugements contradictoires, le rendaient perplexe?, Quelques-uns, sur des rapports pas toujours exacts, critiquaient les exorcistes; au contraire, le P. Barthélemy Jacquinot,

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