‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 207 sur 375 · AIT · texte numérisé non relu

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Sur ces entrefaites, Laubardemont, intendant militaire des provinces de la Touraine, de l’Anjou et du Maine, se rendit à Loudun avec commission de raser les murailles du château, suivant la résolution prise, pour en finir avec les guerres civiles; de démolir toutes les forteresses de l'intérieur du royaume. Ému des phénomènes qui bouleversaient le couvent des Ursulines, troublaient toute la ville, et dont il fut témoin, il en rendit compte à Richelieu, lequel lui donna tout pouvoir pour informer. Le 16 décembre 1633, Urbain Grandier était arrété. Le 18 août 163% il fut condamné « comme dûment atteint de crime de magie, maléfices et possessions arrivées par son fait ès personnes d’aucunes religieuses Ursulines... et autres séculières », à faire

amende honorablé et à être brülé vif sur la place Sainte-Croix,

après avoir été appliqué à la question. Le même jour il subit le supplice du feu, en protestant de son innocence !. « Il est certain, dit le P. Griffet, que l’arrèt fut rendu sur des preuves qui ne seraient pas admises aujourd'hui; mais tous les tribunaux étaient alors dans l'usage de les admettre ?. »

Quoi qu'il en soit, on trouvait dans le cas particulier des Ursulines tous les caractères d’une véritable possession, des prodiges dépassant les forces de la nature. On était donc en droit de leur opposer les moyens surnaturels employés par l'Église pour combattre le démon. Le P. Jean Surin, de la Compagnie de Jésus, qui jouissait déjà d’une haute réputation de sainteté, fut envoyé à Loudun à la fin de 1634. Il devait exorciser la Mère Jeanne des Anges. Son premier soin fut de reconnaitre avec évidence la réalité de la possession. Or, à voir les résultats de son entreprise, il n’est pas permis d'en douter. Les mauvais esprits Léviathan, Béhémoth, Isacaron et Balam qui tourmentaient la Mère supérieure, menacèrent le Père de lui faire subir à lui-même les plus cruels tourments: ils tinrent parole, mais sans pouvoir le contraindre à abandonner sa

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