‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 274 sur 375 · Fagniez, t. I, p · texte numérisé non relu

Fagniez, t. I, p

6. Lettre du P. Riondet au P. Général, 23 juillet 1630 (Miss. Const., t. ILI, n. 19).

sans un ordre exprès de ses supérieurs interrompre les exercices ordinaires de la Compagnie; puis il dépêcha le P. du Fons à Constantinople pour représenter à qui de droit le tort fait à la mission par les exigences du vice-consul. Mis en face de ces tiraillements, le P. Archange, supérieur des Capucins, et le P. d’Aultry, supérieur des Jésuites, convinrent entre eux de certains articles approuvés ensuite par l'ambassadeur !.

Au moment où l’on traitait ainsi amiablement à Constantinople, le vice-consul de Smyrne, de sa propre autorité, fit célébrer la messe dans le couvent des Capucins, le 8 septembre 1630, et depuis lors ces religieux cessèrent de la dire dans la chapelle consulaire desservie par les Jésuites. Peu de temps après il commanda au P. Riondet de transporter tous les ornements dans la nouvelle église, menaçant, si l’on contrevenait à ses ordres, de déclarer publiquement qu’il n'avait d'autre chapelle que celle des Capucins. Il ne voulait même pas que le Père gardât dans sa chambre le Saint Sacrement pour le porter aux malades. Or, il avait été convenu entre les supérieurs de Constantinople : 1° que M. Dupuy n’habiterait pas chez les Capucins, mais dans la maison louée par luien face du couvent; 2° que dans cette maison, où les Pères de la Compagnie étaient logés, le consul aurait sa chapelle, où l'on dirait la messe et non dans la neuve; 3° que les Jésuites exerceraientles fonctions de chapelains pendant six mois; #° que les Capucins les exerceraient autant de temps à leur tour; 5° que durant ce second semestre les Jésuites continueraient de demeurer en la maison du consul, d'y vaquer à l’enseignement et aux autres ministères de la Compagnie?. Ces règlements allaient à tout concilier, mais il faut croire que l’une des parties n’avait d'autre but que d’évincer l’autre.

M. Dupuy, contrairement aux articles de la convention, ta aux Jésuites, le 8 octobre, le titre de chapelains, et, le 15, leur défendit de célébrer la messe dans leur chambre*. Le 17 du même mois, ayant surpris le P. Georges du Fons à l'autel, il s'emporta et menaca de le faire lier avec son compagnon et de les embarquer sur un vaisseau pour la France. Puis, à la sollicitation de ses amis qui lui représentèrent l’indignité de sa conduite, il baisa la main des Pères en leur demandant pardon. « Dès ce jour, écrit le

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