Lettre du P. Nacchi... (Mémoires du Levant, p
M. Calenvant, lui fit dresser un sépulcre orné d’ inscriptions qui rappelaient ses vertus et sa piété!.
Après la cessation du fléau, les Pères se livrèrent avec une nouvelle ardeur à leurs œuvres accoutumées. Les bons offices qu'ils recevaient de toute la nation française, ne contribuaient pas peu au succès de leurs entreprises. La protection du consul en particulier était très efficace. « M. Bonin, écrivait l'un des missionnaires, fait la vie d’un sainct; il nous ayme à bon escient, se sert de nous. Je croyÿ qu’on auroit peine à trouver quelque autre qui l'égalast en cette charge. Il se sçait faire craindre et aymer, et a faict, s’il faut ainsy dire, des miracles pour le bien de sa nation : agit el patitur magna?. »
En 1636, le P. Maniglier étant retourné en France, « chargé d'années et de mérites », fut remplacé par le P. Jean Amieu. Le P. Queyrot, devenu supérieur, donna un grand développement aux écoles et confia l’enseignement de la langue chaldaïque à un prêtre maronite’. Le secrétaire de la Sacrée Congrégation, ME Ingoli, auquel le nouveau supérieur avait recommandé la mission d'Alep, promit de s’y intéresser“. Il annonçait en même temps la fondation, par le cardinal de San Onofrio, de douze bourses au collège de la Propagande. Elles devaient être distribuées entre les élèves des différents rites auxquels les évêques et les patriarches auraient enseigné la langue latine avant de les envoyer à Rome. « Si Votre Révérence, disait-il, a présentement dans son école deux Melchites, deux Jacobites, deux Nestoriens qui sachent le latin, elle peut les envoyer dès maintenant; ils seront aussitôt nee » Le P. Queyrot, en remerciant M® Ingoli de ses offres généreuses, répondit qu'il regrettait de n'avoir au collège d’Alep aucun élève appartenant aux catégories désignées, mais seulement des Français, des Italiens, des Maronites, des Grecs et des Arméniens, et que d’ ne il ne serait pas facile de déterminer les familles à se séparer de leurs enfants. « Le projet, ajoutait-il, n’en est pas moins excellent, et j'aime à croire que le Saint-Esprit, inspira-
1. Besson, op. cüt., p. 27. — Relazione della missione. — Cf. Ménologe de France, t. Il, p. 144. Cf. Rabbath, op. cit., p. 496-499.
2. Lettre du P. Amieu au P. d'Aultry, 16 août 1641 (dans Legrand, op. cüt., p. 21).
3. Lettre de Don Pietro Avitabile à M5 Ingoli, 31 décembre 1636 (Archiv. della Propaganda, ser. Vi, lett. di Spagna, 1637, vol. 106, fol. 128).
4. Lettre du P. Queyrot à M5" Ingoli, 5 juin 1636 (Jbidem, fol. 165).
5. Lettre de M# Ingoli au P. Queyrot, 30 mai 1637 (Archiv. della Prop., etc., fol. 165). :
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teur de ‘toutes les saintes entreprises, l’aura pour agréable et aplanira toutes les difficultés!. » Il se déclarait du reste prêt à recevoir dans son école d'Alep les élèves que les Pères Théatins de Géorgie ou les Pères Carmes et Capucins de Perse voudraient bien lui envoyer, afin de les préparer à entrer dans l’alumnat fondé pour eux à Rome*.
La mission d'Alep comptait en 1637 quatre Jésuites, le P. Queyrot, le P. Amieu, le P. Aimé Chézaud et un frère coadjuteur. : Chaque samedi le P. Amieu prêchait en arabe et faisait apprendre en cette langue le catéchisme de Bellarmin aux enfants qui le récitaient ensuite dans leurs familles. Il auraït aussi voulu instituer un séminaire de Maronites, le regardant comme nécessaire pour extirper l'ignorance, la plus grande plaie de cette nation. Il lui fallait des revenus pour leur subsistance et il espérait que la Propagande viendrait à son secours; mais le P. Général ayant fait savoir qu'il n’y avait rien à attendre de ce côté, le projet fut abandonné‘.
Avec les écoles, les congrégations de la Sainte Vierge favorisaient dans tous les milieux les progrès de la vie spirituelle. Il yen avait plusieurs. Certaines contradictions dans les documents empêchent d'en déterminer exactement le nombre qui a dû varier avec le temps. Nous pouvons en compter au moins quatre : deux pour les Français (celle des marchands et celle des artisans), une pour les Arméniens et une autre pour les Syriens; il «est fait aussi allusion à une cinquième pour les enfants de langue arabe. Quoi qu’il en soit, les résultats étaient des plus consolants. « C’est un plaisir, écrivait le P. Amieu, de veoir, en ce païs où le monde ne savoit pas même le nom de la dévotion... ces bons confrères se confesser et communier, parler de la vertu, faire l'examen de conscience, dire le chapellet.. Et puis nous avons icy diverses sortes et ritz de chrestiens, ce qui achemine peu à peu à la réunion des Eglises. Le métropolite Arménien, ajoutait-il, est résolu d'introduire les sciences en son église; à ces fins le P. Aymé Chaizeau va lire trois fois la semaine la logique en la maison d’icelluy métropolite, et s’estudie à la langue arménienne pour les pouvoir mieux ayder.. Il y a icy moyen de faire beaucoup à la gloire de Dieu; les cœurs sont
1. Lettre de Queyrot à Ingoli, 10 oct. 1637 (1bidem, 1638, fol. 99).