‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 290 sur 375 · Relation ms., déjà citée, p · texte numérisé non relu

Relation ms., déjà citée, p

2. Lettre du P. Martin au P. Général, 10 nov. 1640 (Mission Const., t. VIII, n. 136).

3. Lettre des principaux Grecs d'Athènes au P. Supérieur de Constantinople, 6 décembre 1641 (Legrand, Relation ms., p. 53). :

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mais de celle de Vostre Excellence et de ses supérieurs : partant nous suppliôns Vostre Excellence de luy permettre d'y demeurer, et nous aurons soing de luy et de son compagnon qu'il vous plaira luy envoyer !. »

Le dernier jour de l’année 1641, le cadi, le serdar et autres grands personnages de la ville reçurent de Mustapha Bey, frère de Bekir Bacha et gouverneur de Nègrepont, des lettres où il exprimait un ardent désir de voir le missionnaire. « Ses prières à mon endroit, dit le P. Blézeau, furent des commandements. Ses gens me demandèrent combien je voulais de chevaux pour mon voyage: je dis que deux suffiroient, l’un pour moi et l’autre pour le caloyer Diaco, mon compagnon. Parrivay à une heure de nuit à Kalchis qui se nomme à présent Euripo... Le brigantin de la galère du Bacha me vint trouver, sitost que je fus arrivé, pour me porter en la ville; c'est une faveur très rare qui à peine se concède aux Turcs de qualité dans les places fortes. Moustafa Bey nous a faict apprester nostre logement chez un Grec Athénien habitant de Kalchis et avoit déjà ordonné un lagini, c’est-à-dire pour ma nourriture chaque jour quatre pains, deux oches de vin et deux oches de mouton (deux oches font cinq livres de poids de Paris). De plus il m’envoya quantité de poules, deux oches de beurre et huit oches de riz avec trois ou quatre charges de gros bois. Il avoit aussi donné commission à un Grec de me fournir tout ce que je demanderoïis ou qu'il connoissoit m'estre nécessaire. J'ay ce contentement de parler à fous ces turcs sans l’ayde de truchement, car ils entendent tous et parlent grec, estant fils de mères grecques?. »

Le P. Blézeau eut la consolation de recevoir à Kalchis la confession de plusieurs personnes qui attendaient depuis longtemps cette assistance spirituelle. Il retourna ensuite à Athènes, muni de lettres de recommandation les plus flatteuses disant « que tous devaient le porter sur leurs têtes et le tenir en grand considération* ». Dans une lettre du 2 janvier 1642, le Père énumérait les divers travaux auxquels pourraient se livrer les missionnaires de la résidence : « 1° L'eschole ou instruction des enfans grecs ; les prédications et catéchismes en leurs églises. —— 2° Les exhortations aux ca/ogries ou religieuses grecques. — 3° L’ayde spi-

1. Lettre des cadi, serdar et autres Turcs d'Athènes à l'ambassadeur, 22 ‘déc. 1641 (Ibidem, p. 54). ,

2. Lettre du P. Blézeau « escrite à Kalchis ou Euripos, le deuxième de janvier, 1642 » (Legrand, Relation ms.,p. 48 et suiv.).

3. Lettre du P. Général au P. Martin, 25 août 1642 (Gall. miss., Epist. Gen.). COMPAGNIE DE JÉSUS. — T. VY. 95

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rituel de nos Français qui traffiquent à Athènes... — 4° Enseigner les cas de conscience aux caloyers et les mathématiques à la jeune noblesse dont elle est très désireuse, comme je l’ay expérimenté en ce commencement. » Le P. Blézeau, se rappelant l'exemple de la Chine, était persuadé que par le moyen des mathématiques on parviendrait à s’établir parmiles Turcs ; aussi demandait-il qu’on lui envoyât « Clavius sur la sphère et sur Euclide, Maginus sur Ptolémée; un astrolabe; des tables géographiques, ete. 1... ».

A peine connut-on en France l'établissement des Jésuites dans Athènes, pleine encore, écrivait le P. d’Aultry, des souvenirs de saint Paul et de saint Denis, « qu’une joie universelle éclata parmi les Nôtres et parmi les séculiers. On offrait de tous côtés des dons pour cette résidence. L’abbesse de Montmartre me donna entre autres choses une relique d’un des compagnons de saint Denis et me dit qu’elle enverrait volontiers en temps opportun quelques-unes de ses religieuses fonder un monastère à Athènes. Le P. Denis Guillier, un vétéran des missions d'Orient, que je vis à Lorette, m'assura qu'il y retournerait avec beaucoup de consolation pour cultiver à Athènes la vigne de son patron, saint Denis?. »

Le P. Blézeau fondateur de la nouvelle mission ne devait pas jouir longtemps de son triomphe. Dans un voyage à Nauplie il tomba malade et mourut, le 18 octobre 1642, entre les bras de ses frères en religion”. D’autres furent appelés à continuer l’œuvre si heureusement commencée.

12. En 1642 les Jésuites s’établirent aussi à Santorin. Cette ile, anciennement appelée Théra, prit vers la fin du mr siècle, en se convertissant à la foi, le nom de Sainte-[rène sa patronne: d’où par corruption, Sant-Erini et Santorin. À l’époque qui nous. intéresse elle avait de huit à neuf mille habitants, latins et grecs; les premiers demeuraient à Scaro où se trouvait le siège de leur évêque; les seconds, à Pirgo, avec l’évêque de leur rite“,

En 1623, le Pape Paul V, instruit de l’état d’ignorance où le schisme avait réduit la population, ordonna aux Jésuites de Ch1o d'aller tous Les ans la visiter, et assigna cent écus pour l’entretien.

1. Lettre du P. Blézeau écrite à Kalchis.. (Relation ms., p.51).

2. Lettre du P. d'Aultry au P. Général, 24 mars 1643 (Miss. Const., t. VIII, n. 153). 3. Lettre du P. Martin au P. Général, 30 déc. 1642 (1bidem, n. 144).

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