‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 289 sur 375 · Mémoires du Levant, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du Levant, t. I, p

5. Lettre du P. Martin au P. Général, 19 avril 1640 (Miss. Const... t. VIII, n. 134).

Espagnokz, Allemands, Polonais, qui estoient dans les galères du Bey de Napli, qui n'avoient peu se confesser ny entendre la messe depuis dix ou trente ans... Ce leur fut une grande consolation de veoir nos Pères et participer aux sacrements de l'Église !. »

Quelques habitants du rite latin n'ayant point de prêtres étaient passés au rite grec ; ils promirent de retourner à l’Église romaine, si un Père restait au milieu d'eux. Cette faveur leur fut accordée à cause des fruits de salut qu’on espérait recueillir dans cette mission ?. ;

Après avoir établi la résidence de Nauplie, le P. François Blézeau se dirigea vers Athènes où il arriva le 2 décembre 1641, accompagné d’un jeune caloyer nommé Diaco. Quelques prédications lui suffirent pour gagner le cœur et l'estime des habitants, si bien que les principaux de la ville, réunis dans une assemblée publique, décidèrent de le retenir. Sur son observation qu'il ne pouvait rester, ni seul ni sans le consentement des Supérieurs et de l'ambassadeur, ils écrivirent aussitôt à Constantinople au P. Martin, le conjurant de tout arranger suivant leur désir avec M. de La Haye, de permettre au Père de demeurer « pour ayder et assister [leur] ville d'Athènes qui estoit anciennement la mère de l’éloquence », et d'envoyer un second missionnaire « qui soit homme de lettres et docte ». Quant aux revenus, ils s’en chargeaient : « Nous leur pourvoirons de tout ce qu'ilz auront besoing?. »

Et ce n’était pas seulement les chrétiens qui réclamaient une résidence de Jésuites. Les Turcs de qualité, entre autres le cadi ou juge, le serdar, commandant de la milice, les neveux de Bekir Bacha, général des galères de la mer Blanche, le seguir, supérieur des dervis ou religieux turcs, écrivirent de leur côté, le 22 décembre, à M. de La Haye : « Excellentissime ambassadeur de France, Nous fidèles musulmans de la ville d'Athènes, saluons tous Vostre Excellence. Le P. François Blezeau, docteur de Vostre Excellence, que vous aviez envoyé à Napli de Romanie avec le consul, est venu icy : lequel Père estant bien versé en l’astronomie et fort sçavant, nous l'avons prié de demeurer icy à Athènes. Et il nous a dit que cela ne despend pas de sa volonté,

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