Prunel, op. cit., p. 249 et suiv
6. Sainte-Beuve, op. cit., t. I, p. 340. D 7. Mémoires de la Mère Angélique, p. 118.
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l’évèque de Langres qui se vit même interdire l’entrée du monastère. Il avait, lui signifia-t-on, « une conduite trop douce qui entretenait Les filles dans de mauvaises habitudes! ».
3. On sait en quoi consistait la manière forte du directeur préféré?. Les lettres de la Mère Agnès sont des témoins irrécusables des pernicieuses doctrines dont il empoisonna Port- Royal. Elle lui écrivit un jour : « Ma Sœur Marie Madeleine
à qui vous avez fait trouver bon qu’elle ne communiät qu’à la :
Purification, a désiré que je vous mandasse sa disposition au regard de certains points auxquels elle vous supplie, et moi avec elle, de répondre. Elle dit donc en premier lieu que depuis qu'il vous a plu de l’instruire pour fréquenter la confession dans l'esprit de l'Eglise, elle a tâché de se confesser plus à Dieu qu'aux hommes, mais qu'à présent elle se trouve dans une extrémité toute contrainte, car elle dit qu’elle n’approche point de la confession, qu'avec tremblement et effroi, pour la crainte qu’elle a de manquer à la nécessaire disposition. Mais quelque diligence qu’elle y fasse, il lui semble qu’elle ne reconnaît jamais en elle le regret d'avoir offensé Dieu, mais bien le désir de le vouloir. Ce qui fait que quelquefois, après s'être confessée, elle sort du confessionnal ne pouvant permettre qu'on lui donne l’absolution; et s'en va contre la volonté du confesseur pour demander à Dieu la contrition. » La Mère Agnès écrivait encore à l’abbé de Saint-Cyran au sujet d’une autre religieuse de Port-Royal : « Je pense, mon Père, qu'il ne faut pas que cette personne communie au jubilé; ce sera quand Dieu voudra, qui lui manifestera par votre moyen; cela est très vrai que ce n'est pas par l'usage des choses saintes que l’âme l’est davantage, si elle n’a la vraie charité; il me semble que Dieu donne à cette âme l’assujettissement à votre conduite. Je l'estime extrèmement heureuse de vous avoir rencontré, et moi encore plus, car je vois tout le monde, même ceux qui sont à Dieu, si éloignés de la vraie voie, comme vous me le mandez*. »
1 « Mémoire » de Zamet, cité plus loin ên extenso. — Cf. Rapin, p. 317. — Prunel, p. 259-260.
2. Voir, sur l'esprit et la direction de Saint-Cyran, J. Brucker, Lettres inédites de Saint-Cyran, dans Recherches de science religieuse, t. IV, 1913, p. 342, 344, 356-358, 370-374. Voir surtout Jean Laporte, La doctrine de Port-Royal, t. I, p. 53- 192. L'auteur montre fort bien, contre H. Bremond, que Saint-Cyran a exercé une véritable influence sur la formation du Jansénisme, que de ses lettres el de ses instructions se dégage un esprit qui n’est autre que celui de Jansénius et d’Arnauld.