‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 306 sur 375 · Rapin, p · texte numérisé non relu

Rapin, p

avantages que Dieu vous a donnés, fera aisément connaître l’auteur pour ce qu'ilestet donnera un grand jour à la vérité 1. » Le P. Petau n'entra que plus tard dans l’arène à l’occasion du livre de la Fréquente communion.

Entre temps, les Jésuites Belges qui n'avaient pu étouffer l’'Augustinus en germe J'attaquèrent publiquement dans des thèses soutenues le 21 mars 1641 °; ils y reprochaient à Jansénius à peu près les mêmes erreurs que l’Église a condamnées depuis. Ce fut : le signal d’une levée de boucliers en faveur de l'ouvrage : au premier rang de ses défenseurs marchait le président du collège de Prémontré à Louvain. En France, Richelieu ne négligea rien pour arrêter les progrès de la nouvelle hérésie. Un prédicateur renommé, Isaac Habert, docteur de Sorbonne et théologal de l’église de Paris, fut chargé d'élever la voix dans la chaire de Notre-Dame contre l'Augustinus. « J'ai traité avec le cardinal de Richelieu, écrivait le nonce Grimaldi au cardinal Barberini le 20 juin 1641, sur le livre de Jansénius et sur les thèses des Jésuites; il me répondit que ces thèses étaient bonnes et ne contenaient rien que de sain, mais que le livre était très pernicieux et plein d'erreurs; que son sentiment était qu'il fallait le condamner ?. »

À Rome on avait déjà commencé l’examen de l'Augustinus ainsi que nous l’apprend une lettre du P. Jean Bagot, réviseur des écrits des Jésuites français. « Je n’ay pu voir le livre de Cornélius [Jansénius|, mandait-1l au P. Petau le 14 juin 1641 ; il est ICY entre les mains de quelques docteurs pour estre leu et examiné parce que quelques-uns en poursuivent la censure. Nos Pères ne s’en meslent point, comme n’y estant intéressés 4 » Le 4* août 16%1 un décret de l’Inquisition défendit la lecture de l'ouvrage et de tout ce qui avait été écrit pour ou contre. L'Université de Louvain recut de l’internonce l’ordre de publier ce décret; elle s'empressa dele communiquer au conseil privé et au conseil de Brabant, lesquels refusèrent l'autorisation, parce qu'il n’avait pas le Placet de sa Majesté Catholique 5. On se contenta d'envoyer à

!. Lettre du P. Tiphaine au P. Petau (Archiv. prov. de France, Lettres de divers au P°-Petau nn. 31):

2. Lettre de Barberini à Grimaldi, 9 mai 1641 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 87, fol. 145). Cf. Rapin, p. 433.

3. Lettre de Grimaldi à Barberini, 20 juin 1641, citée par Jager, op. cüf., t. XVII,

; 4. Lettre du P.Bagot au P. Petau, 14 juin 1641 (Archiv. prov. de France, Lettres ‘de divers au P. Petau, n. 30).

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