Jager, op. cÙt., p
8. D'Avrigeny, op. cil., p. 149. La bulle portait la date du 6 mars 1641, ancien style.
Cf. D'Argentré, Collectio Judiciorum, t. TL, P. IL, p.244. 4. Cf. Y. de La Brière, op. cit., p. 272 et suiv. L'auteur à très bien montré l'exacte
portée de l'Awgustinus par rapport au Jansénisme. 5. Lettre de Scotti à Barberini, 30 nov. 1640 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 86, fol. 483).
à Rome par le nonce Scotti et son successeur Grimaldi fut interdit par le Saint-Office!.
Après avoir lancé l’idée d’un conan par voie de concessions réciproques, le cardinal ne songeait à rien moins qu’à ouvrir une grande conférence, un nouveau colloque de Poissy avec l’autorisation du ras Pontife, et il chargea le Jésuite Étienne Audebert, controversiste distin gué, de faire les premières démarches auprès des ministres protestants. Mais le Pape refusa d'approuver ce projet, redoutant avec raison ces solennelles disputes dont trop souvent on avait dû constater les funestes résultats en France et en Allemagne ?.
Au surplus Urbain VIII se défiait du puissant ministre dont il savait l’ambition, la tendance à concentrer dans ses mains tous les pouvoirs. Déjà Richelieu, après son triomphe sur les Huguenots de La Rochelle, avait exprimé le vœu d’être nommé en récompense de ses services, comme autrefois le cardinal d’Amboise, lég'at du Saint-Siège en France #. On lui fit comprendre qu’un tel précédent provoquerait de pareilles demandes dans les autres États catholiques, au détriment de l’autorité universelle du Pontife romain. On lui avait également refüsé des grâces de moindre importance, comme la vice-légation d'Avignon, la coadjutorerie de l'électeur de Trèves, le généralat des Ordres de Citeaux et de Prémontré, l'élévation du P. Joseph au cardinalat. C’est que, à son caractère impérieux et aux actes mêmes de son administration, il était facile d'entrevoir les visées de l’homme d’État : tenir l'Église gallicane sous son autorité après lui avoir donné une certaine indépendance. N’avait-il pas prescrit de nouvelles formalités pour la validité des mariages“, ce qui était une usurpation du pouvoir civil en matière ecclésiastique ? N’avait-il pas indisposé tout le clergé par des mesures fiscales, dont il exemptait d’ailleurs les Jésuites? N’avait-il pas songé à établir sur les provinces de la Compagnie de Jésus en France un supérieur indépendant du Général résidant à Rome?
1. Lettre de Grimaldi à Barberini, 17 janvier 1742 (Tbidem, n. 90, fol. 347-348). 2. Dussieux, Le cardinal de Richelieu, p. 222. — Ranke, Histoire de France, 1. IH, p. 349. — Martin, Histoire de France, t. XI, p. 512.
3. Mémoires Montchal, t. 1, p. 7. — Fagniez, op. Cil., t. Il, p. 45. — Ranke, op. cil., p. 351.
4. Noir ce que nous avons dit au sujet du mariage de Monsieur, p. 63.
5. Lettre du P. Général à Richelieu, 29 mai 1640 (Epist. Gen. ad Externos, 1653-
6. ne la Compagnie de Jésus contre la demande d'un nouveau supérieur. pour gouverner les provinces de France (pièce trouvée en 1762 au collège de Bor-
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Les refus successifs que le Saint-Siège se vit contraint d’opposer à des demandes ambitieuses ou dangereuses irritèrent vivement le cardinal et provoquèrent de sa part des actes d’hostilité. Il fit d’abord porter un arrêt du Conseil par lequel il était interdit de solliciter des expéditions à la cour pontificale et d'y envoyer l'argent destiné à la Daterie. Il mit ensuite quelques prélats en mouvement pour réclamer la révocation ou du moins la modération des Annates, et la tenue d’un synode qui réprimât les empiétements de la cour romaine. Un jurisconsulte éminent, Pierre de Marca président au Parlement de Pau, lui suggéra dans un ouvrage sur la Concorde du Sacerdoce et de l’Empire, le moyen de se rendre maitre absolu de l’Église de France : les églises cathédrales donneraïent au roi le pouvoir qu'elles avaient avant le concordat d’élire les évêques ; après quoi on ferait casser le concordat comme abusif, et Sa Majesté nommerait de plein droit aüux prélatures ; dès que le nombre des évêques dévoués serait suffisant, on convoquerait un concile national dont Richelieu sortirait patriarche de l'Église Gallicane!.
Il n’est pas douteux que l’idée d’un concile de ce genre n'ait hanté l’esprit du cardinal: IL mit en branle pour le préparer plusieurs docteurs, plusieurs prélats et le P. Morin de l'Oratoire; mais, en homme pratique, il recula devant les difficultés, surtout devant le réel danger d’un schisme ; il se contenta de se faire craindre à Rome, comme il était craint partout, et de relâcher « insensiblement Les liens qui attachaient les vrais catholiques au centre de l’unité? ». Deux écrivains à ses ordres, Pierre et Jacques Du Puy, tout disposés à justifier ses entreprises par des précédents historiques, publièrent un grand ouvrage sur les Libertés de l’Église Gallicane. C'était un recueil des principaux traités sur la matière, un immense arsenal où le pouvoir royal trouverait des armes contre le Saint-Siège et le clergé. Ce livre, en effet, niait qe les Papes eussent exercé aucune autorité en Gaule avant le vin siècle, et attaquait toutes les immunités ecclésiastiques en matière de juridiction et d'impôts’. Le nonce le jugea très pernicieux et réclama une sanction‘. Il fut soutenu dans
deaux et citée par Piaget, Histoire de l'Etablissement des Jésuites en France, p. 623).