Ibidem, p
3. Cf. Hurter, Nomenclator lilterarius, t. 1, p. 854, n. 3. — Perrens, L'Eglise et l'Etat, &. I, p. 451-452.
4. Lettre de Bolognetti à Barberini, 32 déc. 1638 (Bibl. Vat. Barberini lat., 8280).
ses plaintes par un certain nombre de prélats : dix-huit évéques réunis sous la présidence du cardinal de La Rochefoucauld, écrivirent et signèrent, sous forme de circulaire à leurs collègues, une protestation contre l’œuvre des Du Puy qu'ils traitaient de « détestablet ». Cette ferme attitude conseillait à Richelieu de ne point prendre sous son patronage les Libertés de l'Église Gallicane : il supprima le livre pour un défaut de forme, comme ayant paru sans privilège ?; mais il se garda de le faire censurer ni de sévir contre les libraires qui continuèrent à le vendre presque publiquement.
Une querelle survenue entre le maréchal d’Estrées, ambassadeur de France à Rome, et le cardinal François Barberini, neveu du Pape, aigrit au plus haut point les relations du ministre de Louis XIII avec la cour pontificale. Un écuyer de l’ambassadeur, M. de Rouvray, ayant commis un acte de violence contre les agents de la police romaine, fut poursuivi au criminel et sa tête mise à prix. Après sa mort, elle fut exposée comme celle d’un malfaiteur sur le pont Saint-Ange. Le maréchal se plaignit de la violation du droit des gens et rompit tout rapport diplomatique avec le cardinal neveu. Deux Jésuites italiens, les PP. Pigioletti et Coppone, essayèrent en vain, l’un à Paris l’autre à Rome, de rétablir la bonne harmonie entre les deux cours. En France, le secrétaire d'État Chavigny déclara au nonce, M# Scotti, que Sa Majesté désirait qu'il s’abstint de paraitre à son audience jusqu’à ce que son ambassadeur eùût reçu une satisfaction convenable. Le roi interdit même aux évêques séjournant à Paris toute communication avec le nonce du Saint-Siège, et le chevalier du guet fut chargé de surveiller sa maison *. Ms’ Scotti se trouvant dans le plus complet isolement, se plaignit au cardinal Barberini d’être abandonné par les Jésuites. Celui-ci les excusa en répondant qu'ils avaient tout à craindre pour eux-mêmes sans pouvoir lui être d’aucun secours *.
« Sur ces mouvemens, raconte l'historien Dupleix, j'arrivay à Paris, et après avoir été caressé extraordinairement du Cardinal,
1. Lettre de Bolognetti à Barberini, 27 janvier 1639 (Jbidem, 8181).
2. Arrêt du conseil, 20 déc. 1638 (D'Argentré, Coll. Judic., t. LIL., P. If, p. 244). Cf. Perrens, op. cil., t. II, p. 452. :
3. Lettres de Scotti à Barberini, 21 février, 2 et 9 mars, 23 mai 1640 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 86, fol. 155, 171, 177, 234). Lettres de Barberini au nonce, 6 mars et 15 avril 1640 (Jbidem, fol. 133, 181). en
4. Billet de Richelieu à Chavigny, 16 déc. 1639 (Avenel, op. cit., VIT, 252). Cf. de Flassan, Hist. de la diplomatie française, III, 52.
5. Barberini à Scotti, 9 juillet 1640 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 86, fol. 25°).
il me pria (car il estoit assez adroit pour user de prières en telles occasions envers ceux auxquels il pouvoit commander) de faire un extrait de toutes les querèles et différens qui ont esté entre les Papes et les Rois de France. Ce qu'ayant fait en quatre jours, il men fit de grands remerciemens; et dissimulant son dessein me pria derechef d'en faire autant des querèles qui avoient esté entre Les Papes et les Rois d’Espagne. Je rendis donc au cardinal un pareil sommaire que le précédent avec pareille diligence ; et il me pria de lui en donner un troisième touchant les bienfaits des Rois très chrestiens envers le Sainct Siège!. » Richelieu se proposait sans doute de faire écrire quelque ouvrage contre les Souverains Pontifes; mais l’arrivée d’un nouveau nonce assoupit le différend.
9. Ni le gallicanisme du cardinal ministre, ni les mortifications qu'il donna coup sur coup à la cour romaine dans cette affaire de l'ambassade, ne purent faire sortir Urbain VIH du calme et de la modération. Un docteur de Sorbonne, Charles Hersant, ne se erut pas tenu à la même réserve. En 1640, il publia sans nom d'auteur un libelle sanglant, l'Optatus Gallus de cavendo schismate, adressé aux primats, archevêques et évêques de l’église de France?. Il prétendait que cette église était sur le point de faire schisme avec la chaire de Saint-Pierre, en avertissait les pasteurs et leur demandait d'y mettre ordre. Il fondait ses appréhensions : sur la publication des Libertés de l'Église Gailicane dont la vente n’avait point cessé malgré la suppression par un arrêt du conseil; — sur la proposition qu’on avait faite de réduire les Annates; — sur la déclaration touchant les mariages pour la validité desquels on exigeait des conditions contraires à celles du concile de Trente. Cet écrit, paru à Lyon le 1% janvier 1640, fut distribué à Paris pendant Le carême. Dès le 23 mars un arrèt du Parlement le condamnait à être lacéré et brûlé par la main du bourreau *. Richelieu, personnellement attaqué, ne parvint pas, malgré ses recherches, à découvrir l’auteur qui s’était réfugié en Bretagne, mais il obtint sans peine que l'ouvrage fût censuré. Le 28 mars, Jean-François de Gondi archevêque de Paris et les évêques de sa province le déclarèrent « faux, scandaleux