‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 318 sur 375 · Le Mercure françois, t. XXIIE, an. 1639, p · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. XXIIE, an. 1639, p

du gouvernenr de la ville!. Leurs. Altesses priées de le confier soit aux Augustins soit aux Jésuites? abandonnèrent le choix aux officiers municipaux, et ceux-ci appelèrent les disciples de saint Ignace”. Les lettres patentes permettaient aux maire et échevins : 1° de se servir pour le collège des bâtiments de l'hôpital, à condition d'aménager pour les malades une partie de la maison commune, — 2° d'appliquer à sa dotation les revenus de la maladrerie du Vieil-Hesdin, à charge pour la ville d’acquitter les anciennes fondations et de faire soigner les habitants qui seraient atteints de la lèpre, Ces conventions, arrêtées avant même là désignation de l’ordre enseignant, montrent avec combien peu de fondement on accusa plus tard les Jésuites d’avoir mis les malades hors de l’hôpital et usurpé les biens de Saint-Ladre.

Après la prise de la ville en 1639 le collège, composé de cinq classes, fut annexé à la province de France; mais le changement du personnel ne s’effectua que peu à peu. La première année le P. Francois de Mol conserva l'office de Recteur et trois Pères de nationalité française lui furent adjoints. L'année suivante il y avait à Hesdin six Pères et trois Frères coadjuteurs français, y compris le P. Jacques de Bar nommé vice-recteur®. Celui-ci étant décédé peu de temps après, fut remplacé par le P. François d’Aultruy6 qui eut recours à la libéralité dé Louis XII afin d’alléger les énormes charges du collège. Le roi de France « voulant gratiffier et favorablement traiter les Pères de la Compagnie de Jésus en considération de la piété exemplaire et doctrine qu’ils professent », et vu le peu de revenu dont ils jouissent à Hesdin, leur fit don de la somme de mille deux cent soixante-sept livres huit sols, de laquelle ils étaient redevables envers Sa Majesté?, Les Pères Français continuèrent les différentes œuvres de charité entreprises par les Pères Belges; de plus, l’un

i. Lettre du gouverneur aux archiducs, 25 nov. 1611 (Archives générales de Belgique, Papiers d'État, liasse 461).

2. Patentes des Archidues, 30 oct. 1612 (Archiv. comm. d'Hesdin, pièce non classée, cotée 12).

3. Accord entre la ville et le P. Herren, provincial, 1° mars 1613 (Archiv. du Pas-de-Calais, D, Jésuites, Hesdin, carton 13). ;

4, Cf. Fromentin, Hesdin, essai historique: — Comptes rendus au. Parlement, t. VII, p. 303 et suiv.

5. Litterae annuae 1640 (Franciae historia, t. IV, n. 41). — Lettre du P. Général au P. de Bar, 17 mai 1640 (Francia, Epist. Gen., t. VI).

6. Lettres du P. Général au P. d’Aultruy, 8 juillet 1640, 1° sept. 1641 (Jbidem).

7. Lettres patentes du 16 juillet 1640 (Archives du Pas-de-Calais, D, Jésuites- Hesdin, n. 9).

d'eux enseigna les mathématiques aux jeunes nobles de la garnison, et un autre consacra ses soins à l'instruction chrétienne des soldais!.

3. Porrentruÿ, résidence de l’évêque de Bâle, fut prise tour à tour, durant la guerre de Trente ans, par les Suédois, les Allemands, les Français et les Espagnols. Nous raconterons seulement les vicissitudes du collège de cette ville sous la domination de la France.

Fondé en 1591 par le prince évêque Jacques Christophe de Barer, le collège de Porrentruy appartenait à la province de Germanie supérieure?. Au moment de l’occupation française il avait pour recteur le P. Jacques Morel. Dès le commencement de 1633, l’évêque de Bâle, Jean-Henri d'Ostein, effrayé des ravages de l’armée suédoise dans les États voisins, réclama la protection de Louis XIIE, et le roi lui promit aide et sauvegarde, « très aise, lui écrivit-1l, de vous faire paroistre en toutes occasions ma bonne volonté à vostre endroict? ». Au premier signal d'alarme, en 1634, le marquis de Bourbonne, gouverneur de Montbéliard, accourut à Porrentruy avec ses troupes dont il laissa une partie en garnison dans la ville“. Le collège ferma ses classes ; ses quatre cents élèves se dispersèrent et plusieurs des professeurs se réfugièrent dans d’autres maisons moins menacées”.

Le 7 janvier 1636 tous les Jésuites furent chassés de Porrentruy : on les accusait de connivence avec les Impériaux. Le P. Recteur eut beau protester de son innocence et de celle de ses religieux, on ne voulut point entendre sa justification. En vain demanda-t-il le temps de faire leurs préparatifs de voyage : on lui opposa l’ordre formel du comte de La Suze, le nouveau gouverneur de Montbéliard, de quitter immédiatement la ville. On ne lui permit pas même de remettre à deux prêtres qu'il avait désignés les clefs et la garde du collège. Les Pères sortirent de Porrentruy au milieu de la désolation des habitants et se dirigèrent vers les maisons de la Compagnie les plus voisines6.

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