Cf. Vautrey, op. cit., p
5. Lettre du P. Général au P. Morel, 25 août 1695 (German, sup., Epist. Gen., 1627- 1643). Cf. Kropf, Hist. Prov. Soc. Jesu German. sup., P. V., p. 959.
6. Lettre du P. Général au P. Mundbrof, 16 févr. 1636 (German. sup. Epist. Gen., 1627-1643).
Le Saint-Siège prit en main la défense des expulsés et le cardinal Barberini les recommanda au nonce de Paris!, M£' Bolognetti était déjà parvenu à intéresser Richelieu et le P. Joseph en leur faveur?, quand le P. Morel vint lui-même présenter au cardinal un mémoire qui ne laissait aucun doute sur leur innocence. Il fut convenu, pour fermer la bouche aux calomniateurs, que le P. Recteur retournerait à Porrentruy où il installerait deux jésuites français, le P. Pierre Bienassis et le F. Désiré Pioche, de la Province de Lyonÿ. Ainsi fut fait, et un peu plus tard, à l’arrivée du P. Étienne Parisot envoyé comme supérieur, le P. Morel se retira en Suisse à Fribourg, lieu de sa naissance, d’où il veillerait encore aux intérêts du collège en qualité de recteur, titre que lui avait conservé le P. Général; car, dans l'espoir de meilleurs jours à brève échéance, la maison continuait d’appartenir à la province de Germanie supérieure. |
Les trois Jésuites français ne tardèrent pas à se trouver dans le plus cruel embarras ; inconnus de tous, ils ne parvenaient pas à se procurer le strict nécessaire. Le comte de La Suze leur permit de faire venir le F. Antoine Tuller qui avait longtemps habité la maison et pouvait seul pourvoir à ses besoins5. Mais sa présence ne put remédier à un autre mal : dans un collège sans classes et sans élèves les Pères se voyaient inutiles et soupiraient après leur patrie. Le P. Bienassis et le F. Pioche rentrèrent dans leur province; le P. Parisot revint à Lyon où il ne tarda pas à mourir. Ils furent remplacés par les PP. Philibert Cottier et Antoine Constantin. Eux aussi furent frappés de nostalgie comme leurs prédécesseurs et reprirent le chemin de la France après l’Ascension de 1638. Dès lors, la maison restait à la merci de la garnison française. À cette nouvelle le P. Morel accourut de Fribourg pour défendre les intérêts du collège. 11 ne put, malgré les plus actives démarches, le préserver de l'occupation militaire; il obtint seulement de renfermer sous clef tout ce qu’il voudrait. Dans un second voyage, à l'automne de 1639, il réussit enfin à délivrer l’immeuble de ses hôtes incommodes et à le mettre sous la garde d’un ami dévouét.
1. Barberini à Bolognetti, +3 février 1636 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 306, fol. 107).
2, Bolognetti à Barberini, 7 avril 1636 (Zbidem, n. 83, fol. 67). . Lettre du P. Général au P. Mundborf, 24 mai 1636 (German. sup., Epist. Gen.). . Lettres du P. Général au P. Morel, 30 août 1636, 14 mars 1637 (1bidem). . Lettre du P. Général au P. Morel, 20 juillet 1637 (1bidem). . Cf, Vautrey, op. cil., p. 65-67. — Kropf, op. cût., p. 366.
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Cependant les habitants de Porrentruy regrettaient le triste abandon où se trouvait un établissement qui avait été jadis la gloire de leur cité. Ils s'adressèrent à Louis XIII dont ils connaissaient Les dispositions bienveillantes pour la Compagnie. «IL y a trois ans, lui écrivirent-ils, que M. le Comte de La Suze fit sortir les PP. Jésuites de cette ville, depuis lequel temps notre jeunesse... demeure sans être catéchisée et enseignée, et n'ayant que rarement et avec incommodité des prédications..… Sachant donc que Votre Majesté, comme le fils aîné de l’Église, est portée avec un très grand zèle tant pour la conservation de la vraie religion que de ceux qu’elle a honorés de sa protection, nous la supplions très humblement, les maiïns jointes et les larmes aux yeux, qu’il lui plaise d’avoir pitié de nous et de permettre la rentrée des PP. Jésuites, sinon de tous (qui ne se pourroient nourrir) au moins d’aulcuns qui sont enfants de la ville!. » Le roi ne resta pas insensible à cette supplique; mais s’il permit à l’ancien recteur de reprendre sa place à Porrentruy, il exigea que les professeurs fussent Français ou alliés de la France. Le 25 novembre 1639, le P. Morel, accompagné du P. Bienassis et des FF. Tuller et Pioche, rentra au collège, et vers la fin de l’année le P. Nicolas Perrin, arrivé de Fribourg, ouvrit une classe?.
Au mois de mai 1640, sur le désir de Louis XIIT, le collège de Porrentruy fut annexé à la province de Lyon par le P. Général. Le P. Bienassis, nommé recteur 5, avait alors cinq religieux sous ses ordres. Dans le courant de l’année on ouvrit une seconde classe et on rétablit la’congrégation de la Sainte Vierge; mais les relations avec le Lyonnais étaient si difficiles par ce temps de guerre, que le P. Recteur résolut de demander le rattachement du collège à la province de Germanie supérieure“. Le roi ne fit pas de difficultés; toutefois, pour des raisons d'ordre matériel, le P. Bienassis conserva encore deux années ses fonctions; quand il quitta Porrentruy, en 1643, Le collège comptait une centaine d'élèves répartis en trois elassest.
k. Le 9 août 1640, Arras, capitale de l’Artois, ouvrit ses
1. Lettre de la municipalité à Louis XIII, cité par Vautrey, p. 67.
2. Lettre du P.: Général au P. Morel, 21 janvier 1640 (German. sup., Epist. Gen.). CT. Vautrey, p. 68.