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l'échafaud de dire trois fois Jésus pour gagner l’indulgence plénière attachée à une médaille quil lui avait donnée. « Puisque je dois mourir le premier, dit alors Cmq-Mars à de Thou, donnez-moi votre médaïlle pour la joindre aux miennes, afin que jegagne les mdulgences et je vous laisserai les miennes et la vôtre afin que vous gagniez les indulgences de toutes. » Et ils s'embrassèrent tendrement en se demandant mutuellement pardon.
Lorsqu'on fut parvenu à la place des, Terreaux, le cortège s'arrêta. M. de Cinq-Mars descendit du carrosse après le P. Malavalette qui lui donna la main. Monté sur l'échafaud, il baisa le crucifix et se mit à genoux pour recevoir une dernière absolution. Quand il se fut relevé, l’exécuteur s’approcha pour lui couper les cheveux; mais le condamné lui enleva les ciseaux des mains et les tendant à son confesseur lui dit : « Mon Père, rendez-moi ce dernier service. » Il récita encore quelques prières, puis ayant incliné la tête sur le billot, le bourreau la lui trancha d’un seul coup!.
À son tour M. de Thou monta sur l’échafaud, où il embrassa l'exécuteur de justice en lui disant : « C’est toi qui me mettras aujourd’hui en paradis. » Se retournant ensuite vers son confesseur : « Mon Père, dit-il, spectaculum facti sumus mundo et angels et hominibus?. » Ensuite il s’agenouilla, demanda une dernière fois l’absolution et récita en latin le psaume Credidi, ajoutant à chaque verset une paraphrase française « avec des expressions si vives et si touchantes qu'il tira des larmes des yeux de tous ceux qui l’entendirent®? ». Il reçut le coup mortel en prononçant ces paroles : /n manus tuas, Domine, commendo Spiritum meum. M. de Thou avait pris la résolution de se faire religieux s’il avait obtenu sa grâce.
Trois mois après cette double exécution, Richelieu allait rendre compte à Dieu de son impitoyable justice, et Louis XIII ne tardait pas à le suivre dans l’autre vie, où il avaient été l’un et l’autre précédés par Marie de Médicis, morte en exil. On vit ainsi disparaître, dans l’espace de dix mois, trois puissants protecteurs de la Compagnie de Jésus : la reine mère, le grand ministre, et le roi.