‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 325 sur 375 · Archiv. cur., p. 326. — Revue retrospective, p · texte numérisé non relu

Archiv. cur., p. 326. — Revue retrospective, p

allons; il est temps. » M. de Thou alors s’écria : Laetatus sum in his quae dicta sunt müihi : in domum Domini ibimus. » Làdessus ils s'embrassèrent et puis sortirent avec leurs confesseurs. « M, de Cinq-Mars marchoit le premier, tenant le P. Malavalette par la main jusques sur le perron où il salua avec tant de bonne grâce et de douceur tout le peuple qu'il tira les larmes des yeux d’un chacun... Voyant son confesseur surpris d’un sentiment de tendresse à la vue des larmes de quelques personnes : « Qu'est-ce à dire cecy, mon Père? Vous estes plus sensible à mes intérests que moy-mesme!! » M. du Guai, trésorier de France à Lyon et très attaché à la famille du grand écuyer, avait obtenu du chancelier que les deux condamnés seraient conduits en voiture à la place des Terreaux et qu'ils seraient exécutés sans avoir les mains liées?. « Sur les degrez du palais M. de Thou voyant un carrosse qui les attendoit dit à M. de Cinq-Mars : « Quoy, on nous mène en carrosse? Va-t-on comme cela en paradis? Je m'’attendois bien d’estre lié et traisné sur un tombereau. Ces messieurs nous traitent avec une grande civilité.… Voyez, mes amis, dit-il à deux soldats du guet, on nous mène au ciel en carrosse. » M. de Cinq-Mars et M. de Thou montèrent avec leurs confesseurs dans la voiture et le cortège se mit en marche. Durant le trajet ils récitèrent différentes prières et s’entretinrent de la vanité du monde et des espérances de l’autre vie’. Dans un moment ils contestèrent à qui mourrait le premier. M. de Cinq-Mars prétendait que c'était à lui comme le premier jugé et le plus coupable, et M. de Thou réclamait ce droit comme le plus âgé. Le P. Malavalette trancha le différend en faveur de M. de Cinq-Mars, disant que le plus âgé devait être aussi le plus généreux#. Et comme il demandait à son pénitent s’il ne craignait point la mort : « Point du tout, mon Père, répondit Cinq-Mars, et c’est ce qui me donne de l’appréhension, de voir que je n’en ay point. Hélas! Je ne crains rien que mes péchés?. » Puis le jeune marquis s’informa comment il pourrait rendre méritoire une mort qui n'était pas de Son choix. « En l’acceptant volontairement, répondit le Père, et en conformité avec le bon plaisir divin. » Comme on approchaït du lieu de l'exécution, le P. Mambrun avertit M. de Thou de se souvenir sur

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