‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 342 sur 375 · DERNIERS JOURS DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

DERNIERS JOURS DE LOUIS XIII

plaise à Dieu de disposer de ma personne : c'est la seule satisfaction que je puisse avoir en mourant. Monsieur mon frère apportera au Parlement une déclaration où j'explique mes volontés; je veux qu’elle soit exécutée. » Tout le monde s'étant retiré, Louis XIE retint son aumônier et son confesseur et employa « le reste de la journée à s’entretenir avec eux de Dieu et des choses divinest ».

Le 21 avril, sur les cinq heures du soir, le Dauphin fut baptisé dans la chapelle du vieux château de ‘aint-Germain. Le cardinal Mazarin et la princesse de Condé eurcnt l’honneur de tenir sur les fonts l'héritier présomptif de la couronne, auquel on donna le nom de Louis « que ce petit prince désiroit ». « Le Roy ayant appris le succès de toute l’action en loua Dieu, les yeux élevez au ciel où les tint assez longtemps?. » Plusieurs historiens ont raconté qu'après la cérémonie le Dauphin fut conduit à son père qui lui demanda : « Comment vous appelez-vous à présent? — Je m'appelle Louis XIV, répondit-il. — Pas encore, reprit le roi; mais ce sera peut-être bientôt, si c’est la volonté de Dieu. » Ef il ajouta en levant les yeux au ciel : « Seigneur, faites-lui la grâce de régner en paix après moi, et en véritable chrétien; qu'il ait toujours devant les yeux le maintien de votre sainte religion et le soulagement de ses peuples*. »

6. Le mercredi 22 avril, Louis XIII se trouva fort mal. Les médecins jugèrent à propos qu’on lui administrât le saint viatique et son confesseur fut chargé de le lui annoncer. « Il m'embrassa tendrement, raconte le P. Dinet, et en dit mesme en actions de grâce un Te Deum avec plus de joye qu'il n’en avoit jamais tesmoigné ny pour la prise d’une ville ny pour le gain d’une bataille; puis se retournant vers l'assistance : Que j'ayme dit-il, ce bon Père qui m’apporte une si bonne et si agréable nouvelle! » Après qu’il eut communié, la reine lui amena ses deux enfants, et tous trois recurent à genoux sa bénédiction*, Les maréchaux de La Force et de Châtillon, qui faisaient profession de protestantisme, se présentèrent alors pour manifester leur zèle au service de Sa Majesté. IL les exhorta fortement à se retirer de leur prétendue religion. « Je vous reconnais, leur dit-il, pour vérita-

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