Collect. des Procès-Verbaux, t. If, p
9. Lettre de Bouthillier à Noailles, 27 sept. 1635; du roi au même, 28 sept. ; du cardinal de Sourdis au même, 29 sept. (Archiv. des Aff. Etrang., Rome, corresp., vol, 52, fol. 112, 113, 116).
3. «Informatio », déjà citée. — Lettre de Bolognetii à Barberini, 6 mai 1636 (Archiv. Yat., Francia, n. 83, f. 101, 102).
4. Barberini à Bolognetti, 5 juin 1636 (Archiv. Vat., Francia, n. 83, f, 105, 106).
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du prélat, sans qu’il nous soit permis de crier, est-ce là vouloir la paix? Non, ce n'est ni la paix n1 la trève; un tel résultat serait plus désastreux que l'échec de tous nos efforts, »
Les exigences de François de. Harlay devinrent bientôt intolérables. Dominicains, Jésuites et Capucins s’unirent de nouveau contre ses empiétements et envoyèrent à Paris des députés pour réclamer la protection du nonce apostolique. Ils apprirent alors que l’archevêque, non content de molester les religieux de son diocèse, excitait tous les prélats.du royaume à se concerter avec lui sous prétexte que les réguliers en général abusaïent de leurs privilèges ?. Informé de la situation, le cardinal Barberini se contenta de recommander la patience; en même temps 1l conjurait le nonce Bolognetti de mettre tous ses soins et son habileté bien connue à calmer les adversaires. Mais trop de longanimité ne faisait qu'encourager les caprices de l’archevêque. Les Jésuites se virent de nouveau assignés devant l’Officialité de Rouen parce qu'ils s'étaient abstenus, comme ils en avaient le droit, d'assister à une procession. Ils se plaignirent au nonce qui, cette fois, recourut à Richelieu dont l'autorité seule pourrait rabattre les prétentions du susceptible prélat. Harlay s’inclina devant la volonté du tout-puissant ministre, et les religieux de Rouen purent enfin jouir d’une paix momentanée.
Le P. Général de la Compagnie en profita pour donner à l'archevêque des marques d’une humble soumission et aussi lui faire entendre le langage du bon sens. « Illustrissime et Révérendissime Seigneur. — Je respire enfin plus librement depuis que Votre lllustrissime Seigneurie, mieux disposée envers ses serviteurs, a dissipé le nuage de tristesse dont j'étais accablé en pensant à l'offense que votre piété témoignait avoir reçue de nous. Je supportais, à vrai dire, avec regret que nos labeurs dont j'espérais un très grand fruit grâce à votre bienveillante protection, vous fussent odieux ou peu agréables. Je recherchais avec soin si cela n’était point arrivé par ma faute ou celle de quelqu'un des Nôtres, bien résolu à la punir sévèrement, même en ma personne, si j'avais pu découvrir quelque chose de semblable. J'ai reconnu, autant que j'ai pu m'en
. Lettre de Vitelleschi au P. Cellot, 15 juin. 1637 (Francia, Epist. Gen., t. V). Lettre du nonce à Barberini, 23 juin 1637 (Archiv. Vat., Francia, n. 84, f. 51). . Barberini à Bolognetti, 17 juillet 1637 (Archiv. Vat., Francia, n. 84, £. 51).
. Bolognetti à Barberini, 16 sept. 1638 (1bidem, n. 85, f. 78).
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assurer, que tous les Nôtres ne désiraient rien tant que servir de leur mieux Votre Illustrissime Seigneurie, lui rendre toutes sortes de bons offices, et observer avec respect vos commandements; ils gémissaient profondément de se voir privés de votre bienveillance paternelle.
« Maintenant que l’éminente charité de Votre Illustrissime Seigneurie a complètement dissipé toutes nos inquiétudes par vos bonnes dispositions à notre égard, nous voulons croire que vous ne fûtes jamais vraiment irrité contre nous. Vous cédiez seulement aux impulsions de gens jaloux qui vous eriaient de toutes parts : La Compagnie de Jésus est envieuse de votre gloire. =— Non, non, une telle pensée n’entra jamais dans l'esprit de vos humbles serviteurs, de vos fils affectionnés. La gloire des prélats si utile au salut des peuples, mais, c'est notre félicité, notre but et le comble de nos vœux. Qu'elle croisse donc cette gloire, même au prix de notre humiliation et de notre abjection. Oui, gloire à Dieu et à ses prélats, grâces de salut au peuple, et à uous confusion et ignominie! De jour en jour, je l'espère, si vous continuez à nous juger dignes de votre paternelle affection et de votre bienveillance, vous comprendrez mieux, dans votre sagesse, combien je parle avec sincérité de cœur, combien notre Société fait profession de vous être toute dévouée.
« Je veux aussi vous remercier, autant que je le puis, de ce que, en nous rendant vos bonnes grâces, vous avez par là même rendu au collège de Rouen et à toute la Compagnie une grande paix, une sainte allégresse et la joie religieuse. À tant et de si beaux titres vous nous avez obligés à prier Dieu d’exaucer le désir que nous formons de conserver longtemps saine et sauve Votre Illustrissime Seigneurie pour le bien de l'Église et aussi, nous en avons confiance, pour notre propre avantage. »
Les sentiments si vivement exprimés dans cette lettre montrent combien le P. Général était satisfait de voir enfin terminé un différend qui lui avait causé tant de soucis. Mais, pour l'avenir, il s’illusionnait : son espoir né sera point réalisé; il suffira d’une faible contrariété pour rompre encore une fois la bonne harmonie entre l'archevêque et les Jésuites.
1. Lettre de Vitelleschi à Francois de Harlay, 15 juin 1639 (Epist. Gen. ad Externos, 1613-1672).