‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 50 sur 375 · Informatio.…. », déjà citée · texte numérisé non relu

Informatio.…. », déjà citée

nos privilèges entre leurs maïns pour les voir et examiner et admettre ceux qu’ils trouveront bons et raisonnables. Sur ce je luy fitz response que nous estions prests à le faire pourvu que Notre St-Père l’ordonnast. —« Les Alpes, ces grosses montagnes, « séparent son authorité d’avecque la nostre, et la sienne ne « passe pas ces grosses barrières » — ce fut la réplique qu'il me fit; sur laquelle je prins congé de lui, ayant entendu plusieurs autres paroles contre nostre ordre en général et particulièrement contre le R. P. Machault, contre lequel il est fort irrité. Dieu nous faict une belle grâce, sçavoir est que ses discours sont fort extraordinaires, n'ont pas beaucoup de créance ni de force dans le clergé ni ailleurs, sans cela il nous fairoit davantage du mal. Icy en ceste ville [Paris] tout ce qu'il dit et faict n'apporte pas grand préjudice; mais à Rouen [c'est autre chose], on ne sauroit s'imaginer à Rome le mal qu'il y faict, l’avantage qu'il donne aux hérétiques et scandale parmi les catholiques. Dieu seul peut y remédier, car les Réguliers ne doivent attendre que persécution continuelle de luy, surtout tandis qu’il aura les S'° Acarie, Pilleverdier, Lescalopier pour conseillers. Or est-il qu’il n’en a guères d’autres, et outre ce, ils sont ses domestiques qui le portent à toutes ces poursuittes. Lhorsque je le vis, il n’avoit d’autres gens auprès de luy... Vostre Révérence a bien faict de nous envoyer un duplicata du Bref, car M le Nonce n’eust pas montré celui qu'il a receu, MM Les Evesques luy estant plus considérables que nous, et il ne faira rien qui leur puisse desplaire; cest avis n’est que trop véritable! » Peut-être le P. Armand a-t-il jugé trop sévèrement le nonce.

Bolognetti redoute surtout d'apprendre aux évêques une nou-

velle désagréable qui va soulever des protestations dans l’assemblée du clergé. Jusqu'à ce jour il est parvenu à écarter de ses délibérations Les privilèges des Réguliers. Le pourra-t-1l encore? Évidemment non. Sur la plainte de M£' de Harlay, elle nomma pour examiner tout le différend quatre commissaires : les évèques de Sées et de Saintes et les sieurs de Machaut et de La Meschinière. Ceux-e1 s’arrètèrent principalement au Bref révocatoire obtenu par les religieux, et le dénoncèrent comme contraire « aux libertés de l’église Gallicane et au concordat qui oblige le Pape à nommer des juges 2n partibus? ». « Sur

1. Lettre du P. Louis Armand au P. Charlet, 12 sept. 1635 (Bibl. nat., latin, 9758, f. 85, 86).

2, Collect. des Procès-Verbaux, t. II, p. 768, 770.

quoi il a été remarqué, lisons-nous dans le procès-verbal, que * les Religieux voulant en toute façon se soustraire de l’obéis- “# sance et despendance de ME" les Prélats, ont depuis quelques : années essayé d'établir cette maxime que leurs causes sont com-

prises sous la réserve qui est faite en cet article du concordat, 4 lequel excepte majores causas, qui sont en effet les causes des ‘

évêques; et les religieux prétendent que les leurs sont de ce | ’ nombre, etils ont trouvé à Rome assez de faveur en quelques 4 occasions pour les y faire retenir. » Les commissaires furent donc b. chargés de représenter au nonce le préjudice qui en résultait F

pour le clergé de France et contre lequel l’assemblée avait le devoir de se garantir !.

Ce ne fut pas seulement au nonce qu’on fit des plaintes. Le cardinal de Sourdis, le secrétaire d'État Bouthillier, le roi luimême, recommandèrent à M. de Noailles de protester auprès du Pape contre « les entreprises des religieux » et de réclamer « l'observation des concordats? ». Les évêques de leur côté se démenaient pour obtenir de la Sacrée Congrégation un troisième Bref annulant le second: et de fait, il fut accordé à l’évêque d’Alby qui eut la sagesse de ne s'en point prévaloir*. Entre temps le nonce s’ingéniait à pacifier les esprits, à persuader surtout les prélats de ne point discuter sur cette affaire dans leur assemblée. À Rome on redoutait tellement pareille discussion qu'on envoya au nonce, en cas de besoin, un quatrième Bref, lequel remettait au seul cardinal de La Rochefoucauld l'examen de toute la cause. Bolognetti n’eut point à s’en servir, et après la clôture de l'assemblée (fin d'avril 1636) il reçut l’ordre de le considérer comme non avenu“.

13. Cependant la concorde était loin de régner entre l’archevêque de Rouen et les religieux de son diocèse. Le prélat avait beau déclarer qu'il voulait désormais vivre en bons termes avec eux, il y mettait comme condition qu'on examinât de nouveau leurs privilèges beaucoup trop étendus à son gré. « Mais observait le P. Vitelleschi, nous laisser battre selon le bon plaisir

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