‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 53 sur 375 · VI. Louviers, Bibliothèque municipale, manuscrit · texte numérisé non relu

VI. Louviers, Bibliothèque municipale, manuscrit

Sources imprimées : Mémoires de Richelieu, — Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu. — Le Mercure francois. — Carayon, Documents inédits, t. XXIII. — Caussin, La Cour Sainte, préface du P. Labbe. — Tuba magna mirum clangens sonum. — Griffet, Histoire du règne de Louis XIII. — Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie. __ pufour et Rabut, Le P. Monod et le Cardinal de Richelieu. — Domenico Vallé, Il Padre Pietro Monod. — Rapin, Histoire du Jansénisme. — Daniel, Une vocation et une disgrâce à la cour de Louis XIII. — Cousin, Madame de Hautefort. — De Rochemonteix, Nicolas Caussin el le cardinal de Richelieu. — Louis Regnier, Sous Louis XIII. — G. de Mun, Richelieu et la maison de Savoie. — Claretta, Storia della Regenzia. — D salvator Foa, Mission du P. Monod à Paris en 1631 d’après ses lettres, dans Mémoires de l'Académie des sciences de Savoie, 4° série, t. XI.

1. Pendant que se tenait l'Assemblée générale du clergé de 1635, le P. Charles Maillan, confesseur du roi, fut rappelé à Dieu, le # octobre, à Bourbon-Lancy où il était allé prendre les

eaux!. Durant les cinq années de son ministère auprès de Louis XIII la malignité la plus vigilante ne trouva rien à reprendre à sa conduite. IL avait donné à la cour le spectacle d’une aimable et solide vertu. Aucune peine, aucune fatigue ne le rebutait dans l'exercice de sa charge. Une année, comme il était gravement malade aux approches de la Pentecôte, il apprit que le roi, à cause de son absence, avait manifesté le dessein de remettre à plus tard ses dévotions : aussitôt il se leva de son lit et se traina tout défaillant jusqu’au palais ?.

Dans une lettre au P. Ignace Armand, le P. Général exprima la douleur qu’il éprouvait de la perte d’un homme à la fois docte et prudent, d’un esprit très religieux et auquel la Compagnie était si redevable ?. Mais personne peut-être ne fut plus sensible à cette mort que le cardinal ministre; n’ayant eu qu’à se louer du P. Maïllan, il craignait de ne pas trouver un successeur qui Jui ressemblât#, |

Louis XIII n’aimait pas changer de confesseur; il avait toujours quelque appréhension quand il devait ouvrir son âme à un nouveau venu. Le 29 octobre, 1l écrivait à Richelieu : « Je me porte bien et seroit bien gailart (gaillard) sans l’impatience où je suis d'apprendre de vos nouvelles et la peur que j'ai de la confession !. » Or, ce jour même, le P. Jacques Gordon de Lesmoor, nommé pour remplacer le P. Maiïllan, confessa Le roi; trois jours après, en la fête de la Toussaint, il le communiait?. Ce Jésuite, descendant d’une noble famille écossaise, avait jadis enseigné la théologie et exercé dans divers collèges les fonctions de recteur. C'était à présent un vieillard, peut-être même son grand âge futil un titre au choix de Richelieu, le favori défiant et jaloux. Sa nomination fut agréée du P. Général. Vitelleschi s’empressa de remercier Sa Majesté de la nouvelle marque d’estime et d’aflection qu'elle donnait à la Compagnie ?. Il écrivit en même temps au P. Gordon, lui promettant ses prières et l’encourageant à remplir de son mieux une charge, à vrai dire très délicate, mais où il trouverait mainte occasion de servir la France et l’Église

1, Le Mercure François, t. XXI, an. 1635, p. 93.

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