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entretenue que par l'ambition du cardinal, que ce ministre n’avoit en vue que de tellement embarrasser l'esprit du roi qu'il ne püt absolument se passer de lui. Il entretenoïit une division perpétuelle dans la maison royale en inspirant au roi de l’éloignement et de la défiance de ses plus proches parents et des grands du royaume, dont plusieurs le serviroient avec beaucoup plus de zèle et de fidélité que lui. » Le P. Caussin, sans entrer dans aucune diseussion, répondit « qu’il ne craindroit jamais d'éclairer le roi sur tout ce qui pourroit intéresser sa conscience! ».
À ces voix sorties du trône et du sein de la nation se joignirent celles du P. Général de la Compagnie de Jésus et de M!° de La Fayette, devenue Sœur Louise-Angélique. Dans une lettre du 16 septembre 1637, Le P. Vitelleschi fit entendre au P. Caussin les cris et les gémissements de tant de nations soupirant ardemment après La paix, mais il lui recommandait une grande prudence.
Que Dieu, disait-1l, prenant en pitié le monde chrétien si affligé, conserve et augmente votre crédit auprès du roi et couronne d'un heureux succès vos pieux efforts2. » Du fond de son cloître, Sœur Louise-Angélique pressait le confesseur de dissiper les scrupules du monarque « qui ne goûtoit aucun des plaisirs de la royauté ni même de la vie, tant il avoit de soins et de peines ». Elle dit un jour au Père qu'elle avait compassion du fardeau dont il était chargé, mais qu’il devait sans crainte représenter au roi ses obligations et que celui-ci l’écouterait volontiers. « Ma fille, lui répondit Caussin, puisque vous prenez tant de part à tout cé qui me touche, je veux vous parler avec toute confiance et vous dire que je vous estime heureuse d’être sortie de la cour et que je m'estimerois très misérable d’y être entré, si je devois y vivre en lâche ou mourir infidèle à ma patrie. J'ai pris une ferme réso-
lution d'y acquitter ma conscience et ce n’est pas d’aujourd’hui
que j'en ai rendu (émbIenaSe au roi. Je n’eus jamais l'esprit ni brouillon ni remuant, je n'ai eu Je aucune haine ni aversion contre Monseigneur le cardinal qui m’a choisi entre tant d’autres pour me donner au roi. Si son gouvernement se pouvoit accorder avec les maximes de l'Évangile, je l’aurois servi de toute ma puissance, mais je trouve tant de pompe et d’orgueil dans sa vie, tant d'artifices dans ses paroles, tant de violence en son