‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 60 sur 375 · Lettre à M!!° de La Fayette (Daniel, p · texte numérisé non relu

Lettre à M!!° de La Fayette (Daniel, p

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sur la Hongrie, il résolut de lui faire de sérieuses remontrances, de lui représenter à quel point sa conscience était chargée de tous les désordres qu'il tolérait dans le gouvernement. Lorsque, le 8 décembre au matin, le roi Le fit appeler pour se confesser, il supplia Sa Majesté de lui accorder auparavant une audience particulière. IL « m'écouta longtemps, dit le P. Caussin, en se promenant avec moi dans sa chambre avant la confession, et tout ce que je lui dis entra bien avant dans son cœur! ». Quand le Père, après avoir montré le scandale des alliances avec les hérétiques et reproché le douloureux exil de la reine mère, en vint à la misère du peuple surchargé de tailles, d’impositions et de logements de troupes : « Ah! mon pauvre peuple! s’écria Louis XIII avec un profond soupir, je ne sauroïs encore lui donner de soulagement, étant engagé dans une guerre. » Le P. Caussin continua de parler avec tant de force que le roi, lassé de l'entendre, lui dit vivement qu'il était fâché de l'avoir fait appeler; puis regrettant ce mouvement d'impatience, il reprit : « Je vous demande pardon; je vous ai répondu trop rudement; je reconnais que tout ce que vous m'avez dit est pour mon bien?. »

À la suite de cette longue conférence, les courtisans remarquèrent l'air sombre et rêveur de Sa Majesté, signe évident du trouble de son âme 5. A peine Richelieu en eut-il été informé que, devinant tout, il écrivit sur-le-champ au roi un billet conçu en ces termes : « Sire, sachant, il y a près de deux ans“, ce que le P. Caussin a témoigné à diverses personnes, que Votre Majesté tenoit mes services à importunité, j'attendois avec impatience l'établissement d'une bonne paix, tant parce que ca toujours été l'unique fin qu’elle s’est proposée en la guerre, que parce qu'aussi c'étoit le vrai temps justement auquel, offrant à Votre Majesté de me rendre misérable pour la rendre contente, je pouvois lui donner la dernière et la plus assurée preuve qu'un sujet puisse rendre à son prince de l'excès de Sa passion. Depuis que Votre Majesté m'a fait l'honneur de me donner de son propre mouvement part en l'administration de ses affaires, j'ai toujours fait état de mourir à ses piés et jamais je

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