Lettre à Vitelleschi (Tuba magna, p. 322, n. XXV
4. Il ÿ a sans doute là un lapsus calami; Caussin n'était entré à la cour qu’en
ne 70 d’ailleurs on sent au style que ce billet a été écrit à la hâte et fébriement. :
"AS D. ME te Ve COR A OES, MP 2 M 21e
n'ai fait dessein de m’éloigner de sa personne. Si ce bon père a aussi peu connu l'esprit de Votre Majesté qu’il à mal suivi celui de sa règle dans la cour, je demeure en ces termes; mais s'il a mieux pénétré vos intentions que moi, je m'estimerois être coupable si je ne cherchois de rendre mon absence agréable, lorsque ma présence ne pourroit vous être utile. Je supplie en cela Votre Majesté de se faire justice à soi-même et d’user de bonté en mon endroit, étant aussi juste qu'elle se contente, lorsqu'elle le peut faire sans préjudicier aux intérêts de son État, comme ce sera un effet de sa bonté de donner du repos à celui qui n’a jamais pu penser en prendre que lorsqu'il à pu se persuader que son travail travailloit Votre Majesté !. »
Ainsi, avec son habileté ordinaire, Richelieu proposait au roi de choisir entre lui et le P. Caussin. Louis XIIT conçut alors le chimérique projet de concilier les maximes de son confesseur avec celles de son ministre, et de les conserver l’un et l’autre auprès de sa personne. Le lendemain, 9 décembre, il dit au jésuite : « J'ai pensé au sujet de notre entretien, je vois le désordre que vous m’avez représenté; je reconnois l'obligation que j'ai d'y remédier; je vous promets d'y travailler sérieusement. Il est vrai que j'ai de la peine à le dire à M. le cardinal; si vous voulez lui proposer la chose en ma présence, j'appuyerai tout ce que vous direz, et j'espère que cela profitera. J'irai cette après-diné à Rueil ; allez-y avant moi sans dire que je vous y ati envoyé. Je surviendrai ensuite et vous ferez venir à propos tout ce que vous m'avez dit?. » Le P. Caussin n'ignorait pas les inconvénients d’une pareille rencontre; mais il était bien décidé à s’exposer à la vengeance du ministre plutôt que de manquer à ce qu'il devait à Dieu et à sa conscience. « Souvenezvous, avait-il dit à Sœur Louise-Angélique, que si l’on me met à la Bastille je dois avoir part à vos prières à double titre, comme voisin et comme complice. » Il partit aussitôt pour Rueil afin d’y arriver avant le roi; confiant dans la force de la vérité, il était tout prêt à soutenir son sentiment. en présence de Louis XIII et de Richelieu : l’adresse, sinon la fourberie de ce dernier, escamota l’entrevue‘.
1. Billet de Richelieu au roi, s. d. 8 ou 9 déc. 1637 (Aubery, Mémoires, V, p. 472). Cf. Avenel, Lettres de Richelieu, t. V, p. 1067.
2. Griffet, p. 116. — Lettre à Vitelleschi (Tuba magna, p.322, n. XXV).
3. Le monastère de la Visitation de la rue Saint-Antoine n’était pas loin de la Bastille.