FONDATION DE SAINT-NICOLAS-DU-PORT
bourg et de sa femme, Catherine Bertrand. Érard était le neveu du P. Jean Maimbourg qui avait fourni une longue et belle carrière à l'Université de Pont-à-Mousson, successivement professeur d’hébreu, préfet des études, garde des sceaux et professeur d'Écriture Sainte ; lui-même, te de la Faculté de droit, devint maître des po à la cour de Lorraine où il exerca par sa vertu et sa science juridique une heureuse influence. Catherine Bertrand était une femme d'un noble cœur et d’une grande distinction. Les deux époux menaient dans le monde la vie des saints patriarches de l’ancienne loi; ils donnèrent à Dieu leurs trois enfants, un fils dans la Compagnie de Jésus et deux filles dans la congrégation de Notre-Dame‘. Le jeune Louis Maimbourg se trouvait depuis un an au noviciat de Nancy lorsque ses parents, déjà bienfaiteurs insignes du collège de cette ville, songèrent à établir à Saint-Nicolas-du-Port, d’où Catherine était originaire, une maison de la Compagnie de Jésus?.
L'administrateur du diocèse était alors Charles-Chrétien de Gournay, évêque de Sithie; il déclara se « réjouir infiniment » du projet des fondateurs, mais, alléguant une constitution de Clément VIT, il subordonna sa permission au consentement préalable des Capucins et des Bénédictins déja établis dans la ville’. Quant au duc Charles de Lorraine, non seulement il approuva, mais encore il envoya le baïlli de Nancy, Paul d’Haraucourt, signifier aux maire et gouverneurs de Saint-Nicolas que telle était sa volonté, Loin de faire la moindre objection les habitants se dirent très obligés envers Son Altesse et aussi envers les Jésuites qui voulaient bien « s’employer si charitablement à leur proffict et secours spirituel# ». Le prieur des Bénédictins et le gardien des Capucins déclarèrent se conformer au désir du prince, leur souverain®.
Le 11 juin 1627, Érard Maimbourg et Catherine Bertrand promirent sous seing privé de fonder une résidence et donnèrent, pour la commencer, une maison meublée et quelques autres biens situés à l’entour. Le 20 du même mois, M. Main, curé de
1. Abram, His{. de l'Université de Pont-à-Mousson. (Carayon, Doc. Inéd., V, p. 461-463.)
2. Lettre du P. Guéret, recteur de Nancy, au P. Provincial, 21 juin 1627 (Archives de la Meurthe, H, 2056).
3. Lettres de Me de Gournay au P. Arnoux et au P. Guéret, 12 juin 1627 (Ibidem).
4. Mémoire touchant la fondation de Saint-Nicolas (Anciennes Archives de la Meurthe, Jésuites, liasse 41).