Goiffon, L'instsuclion publique à Nimes, p
* M Le VE.
« un nommé Allard, ministre, avec nombre d'habitants dudit Calvisson, de la religion prétendue réformée », l’attaquèrent et, « non contents de parolles injurieuses.. l’auroient battu et excédé, et cauzé une émotion populaire en sorte que ledit P. Alier et [ses compagnons] coururent un grand hazard de perdre la vie ». Après enquête sur cette odieuse agression, le chapitre de la cathédrale, dans une délibération du 1% juin 1635, « conclut par vote uniforme que le procès criminel intanté contre ledit Allard et ses complices. sera poursuivy aux dépans du clergé ! ».
Comme le chapitre, l'évêque de Nimes, Mf Cohon, et son cousin, M. Hallay, prodiguaient à la Compagnie des témoignages d'affection. Avant qu'on eût choisi les Jésuites pour le collège, le prélat avait obtenu du roi, le 31 décembre 1633, un brevet qui lui en conférait la direction ainsi qu’à ses successeurs, « leur donnant pouvoir d'instituer ou destituer le principal et les régens, et de faire choix de telles personnes qu'il jugeroit bon? ». La teneur de ce brevet, connu seulement des Pères quand furent enregistrées au Parlement de Toulouse les lettres royales qui le confirmaient (octobre 1635), ne laissa pas de les inquiéter. Ils en écrivirent au P. Général. Quelle conduite tenir si l’évêque voulait user de ses droits contre la Compagnie? Le P. Vitelleschi leur conseilla d'attendre en paix les événements. « Je croirais volontiers, répondit-il, que ces lettres donneront plus d’autorité à l’illustre prélat pour agir en notre faveur, par exemple pour changer cette forme de collège mi-parti, étrangère à notre Instituts. »
Les évêques de Nimes avaient autrefois refusé de contribuer à la dotation du collège dans la crainte que les biens de l’Église ne devinssent pour l’erreur un moyen de propagande#. M£ Cohon, à la vue du bien opéré par les Jésuites, résolut d’anir à l’établissement qu’ils dirigeaient deux bénéfices à sa collation : le prieuré séculier de Notre-Dame de Parignargues et la chapelle Saint-Michel de Marguerites ?.
Les vexations des protestants ne purent empêcher le collège
1. Délibération du chapitre, 14 juin 1635 (Archiv. de l’évéché, reg. capitul., 9).
2. Brevet du 31 décembre 1633 (Lugdun., Fund. colleg., t. V, n. 84).
3. Lettre du P. Général au P. Saulnier, 7 mars et 23 juin 1638 (Lugd., Epist. Gen., t. I).