Arrêt du conseil du 23 juillet 1633 (1bidem, f
3. Lettre de Louis XIII à MM. de Forest et de Lagier, 8 décembre 1633 (Archiv. comm. de Nimes, I, 5, f. 16).
4. Ordonnance de MM. de Forest et de Lagier, 15 janvier 1634 (Archiv. comm. L. 20, fol. 261-263).
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délibéra sur le choix des régents, et tous se prononcérent en faveur des Jésuites. La jeunesse, disait-on, n’avait pas moins besoin d'être élevée aux bonnes mœurs qu'à l'étude des lettres, et l'on ne pouvait trouver d’éducateurs plus zélés ni de plus habiles professeurs. En choisissant des religieux, les consuls perdaient leurs anciens privilèges de nommer aux places des régents : ils déclarèrent céder leurs droits aux Pères de la province de Lyon et non à d’autres. On résolut ensuite d'envoyer au P. Fichet, supérieur de la résidence, une députation pour le prier de faire en sorte que la Compapnie acceptt les emplois qu'on lui offrait, « n'ayant point de meilleure occazion, porte le procès-verbal, pour luy tesmoigner la reconnoissance que lesdits catholiques ont des acystances qu'{elle| leur a rendu depuis quarante ans ou environ! ».
Les chanoines de la cathédrale montrèrent la même bienveillance à l'égard des Jésuites « dont on ne peut nyer, disaient-ils, que la religion catholique, apostolique et romaine n'aye reçeue en ce diocèse de grands avantages ». Ils résolurent d'écrire par le premier courrier à leur évêque, M# Cohon, « pour le prier très humblement de vouloir promouvoir et agréer l'installation desdits Pères ». Bien plus, le précenteur et vicaire général, M. de Lamotte, auquel appartenait le droit d’instituer les régents nommés par les consuls, s’empressa d’y renoncer « en faveur des Pères Jésuittes tout seulement et non d’aultres? ».
Les protestants de Nimes ne pouvant empêcher l'établissement des religieux, voulurent du moins faire entendre leurs protestations. Un conseil de ville ayant été convoqué pour procéder à l'enregistrement des pièces concernant le partage du collège, les consuls calvinistes s'y rendirent. Lorsque le premier consul, M. de Chaptes, eut exposé l’objet de la réunion, le second consul, M. Tinellis, parlant au nom de ses coreligionnaires, représenta q\’on ne pouvait rien innover et se déclara appelant de toute la procédure, attendu qu’on n’avait voulu ni entendre leurs raisons, ni examiner leurs titres. De plus, ajouta-t-il, les commissaires « ont faict partage inesgal, tant au nombre et qualité des régens et gages d’iceulx, que pour l'habitation dudit collège qu'ils ont baillé entièrement au principal régent catholique ». Le premier consul répliqua que les parties avaient été ouïes et les remon-
1. Délibération du conseil de ville, 16 janvier 1634 (1bidem, f. 251-253). 2. Délibération du chapitre, 16 janvier 1634 (Archives de l'Évêché, reg. capitul., 67).
trances écartées, et partant qu'il n’y avait plus qu’à « ponctuellement obéyr et non s'amuzer à des incystances contraires au service du roy et au bien public ». On passa ensuite à la lecture des actes de partage qui furent insérés dans les registres de la maison consulaire !,
Deux jours après, le 20 janvier, les commissaires procédèrent à l'installation des Jésuites au collège, en présence des consuls catholiques, du chapitre, du présidial et d’une « grande quantité de peuple ».Le P. Alexandre Fichet, principal, le P. Pierre Saulnier, régent de physique, les PP. Mathieu Compain, Barthélemy Serrurier, Jacques Legras, régents de rhétorique, de troisième, de cinquième, et le frère Monier, portier du collège, prêtèrent serment de se bien acquitter de leur charge. Le dimanche suivant, 22 janvier, une messe solennelle fut célébrée par les chanoines de la cathédrale en présence de MM. Robert Miron et Antoine Le Camus, intendants du Languedoe, et des notabilités nimoiïses. Le P. Fichet, dans « une belle prédication », compara Louis XII à Judas Macchabée?.
Cette affaire s'était traitée si rapidement qu'on n'avait pas eu le temps de s'entendre avec le P. Général. Quand il fut informé il approuva tout”. Cependant une petite difficulté survint à propos de l'attribution du collège de Nimes aux Pères de Lyon, de par la volonté des consuls : d’après la délimitation des provinces de l’Assistance de France, il aurait dû appartenir à la province de Toulouse. Après de longs pourparlers 1l fut décidé que celle-ci imiterait la générosité de Lyon qui autrefois lui avait cédé le collège de Tournon“; ainsi les choses restèrent dans l’état où les circonstances les avaient mises.
Le clergé du diocèse continua de favoriser les nouveaux maitres. Dans son assemblée du 1° juillet 1634, il vota une rente annuelle de six cents livres pour leur entretien®. Un an plus tard nouvelle libéralité, cette fois pour la défense des Jésuites qui venaient missionner dans le diocèse. En 1635, un certain P. Allier s'était aventuré à prêcher la parole de Dieu à Calvisson; localité sans doute très hostile, car il avait eu soin de se faire accompagner de quelques catholiques. Malgré cette escorte
1. Délibération du 18 janvier 1634 (Archives communales, L. 20, f. 253-254).