Litt. quadr., I, 664; III, 108. Chronicon, IV
Paris, il va le trouver, se croyant sûr de le convaincre; mais il ne put en tirer qu'un refus ainsi motivé : « Je connais les sentiments des théologiens sur cette Société; ils regardent son existence comme illicite. Quant à moi, je n’accorderai jamais à ses membres la faculté de confesser ou de prêcher, tant qu'ils ne seront pas, comme les autres prêtres, soumis à mon pouvoir et à ma juridiction!. »
Trois fois repoussé dans ses démarches, le P. Broet envoya Robert Claysson à l’abbaye de Port-Royal des Champs? où la Compagnie n'était pas encore connue. Il y précha à deux reprises devant un nombreux auditoire, puis aux mois de mai, de septembre et d'octobre il parcourut le diocèse de Soissons, parlant successivement dans deux ou trois villages, les dimanches et les jours de fête. Sa réputation d’orateur parvint jusqu’en Belgique, où l’un de ses oncles voulut l’attirer par l'offre de deux abbayes; « mais le vaillant apôtre méprisa les brillants avantages et resta fidèle à sa vocation * ».
Le moment approchait où quelques-uns des religieux de l’hôtel de Clermont allaient pouvoir exercer, en toute liberté, leur zèle et leur talent sur un autre théâtre. Leur insigne bienfaiteur ne s'était pas laissé décourager par Les obstacles. Son dévouement croissait, au contraire, avec les persécutions qu’avaient à subir ses protégés‘. Avant d'introduire les Jésuites dans sa maison de Paris, M* du Prat avait eu l'intention de leur confier la réforme de l’éducation de la jeunesse dans son diocèse. Lorsqu'il vit que la Compagnie ne pouvait obtenir le droit de naturalisation dans la capitale, il voulut, en attendant mieux, réaliser son premier dessein. Dès le mois de juin 1551, il avait proposé au P. Ignace la fondation d’un collège d'enseignement en Auvergne. Le petit nombre d'étudiants restés en France, sans parler des autres motifs, n'avait pas alors permis d’y songer. Maintenant le projet pouvait être repris; il le fut avec succès, comme nous allons le raconter.