Polanco, Chronicon, I
celles de Messine! et de Palerme?, réclamées en 1548 par les habitants et le vice-roi de Sicile, qui veulent favoriser à la fois et les progrès de la Compagnie et l'instruction de la jeunesse séculière. D'autre part, certains fondateurs de collèges, uniquement destinés à l’enseignement public, proposent à la Compagnie d’en prendre l’administration et la direction. Ce fut le cas pour Goa. Lorsque François Xavier y arriva, au mois de mai 1549, il y trouva un collège, récemment fondé par Diégo de Borba, dont on achevait les constructions et où se réunissaient déjà une soixantaine d’enfants?; le gouverneur des Indes et les autorités de la ville le pressèrent d'obtenir le concours de ses frères à une œuvre aussi importante. Transmise et appuyée par le missionnaire, cette proposition fut agréée d’Ignace. A partir de l’année suivante, plusieurs Jésuites résidèrent au collège de Goa à titre d’auxilhiaires #, Après la mort du fondateur, en 1549, la Compagnie le prit à sa charge entièrement”. Nous avons déjà rencontré, en 1546, au début du concile de Trente, un cas analogue : Mf du Prat offrant au P. Le Jay, et par lui à la Compagnie, de l’aider à remonter son Université de Billom; et lorsqu'on en venait aux détails pratiques, ses projets n’allaient à rien moins qu’à fonder un collège d'enseignement sous la direction des Jésuites.
Or tous ces événements se passaient, ces divers appels à l’enseignement parvenaient à Ignace, tandis qu'il remaniait la première formule de l’Institut, et fixait les lois de son Ordre « d’après les leçons de l'expérience ». Il s’inspira de toutes ces circonstances ménagées par Dieu : dans la formule présentée à Jules I, il inscrivit ce mode d’apostolat parmi les ministères propres de l’Institut, et dans un chapitre spécial des Constitutions il donna quelques prescriptions sur les collèges d'enseignement, De scholis collegiorum Socretatisi.
Il n'appartient pas à cette histoire de raconter de quelle manière l’organisation scolaire de la Compagnie alla se complétant jusqu'à la rédaction du Ratio Studiorum : une pareïlle étude
. 1bid., p. 242, 268. — 2. Ibid., p. 379, 383.
. Monum. Xaver., 1, 262. Polanco, Chronicon, 1, 109.
. Polanco, Chronicon., 1, 121, 201.
. Mon. Xaver., I, 504. N
. Exposcit debitum (Inst., I, 21). Cf. Polanco, Chronicon, 1, 268.
. «Per publicas praedicationes, lectiones et aliud quodcumque verbi Dei ministerium » (Jbid.)..
8. Pars IV, cap. vu. Il est à remarquer que ce chapitre, entré dans la rédaction définitive des Constitutions, était absent de la rédaction antérieure. (Voir Const. lat. el hisp., p. 365).
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nous entrainerait trop loin hors de la France. Nous nous contenterons de signaler, en son temps, ce qui se passa dans notre pays à ce sujet.
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d'enseignement. La fondation en fut assez lente, à cause des circonstances et des difficultés faites aux Pères de Paris. Au commencement de l'été de l’année 1553, la peste ayant fait son apparition dans la capitale, la communauté de l'hôtel de Clermont fut contrainte de se disperser. Quelques-uns de ses membres se retirèrent à Rochefontaine, chez un ami, Ange Cognet, avocat au Palais. M# du Prat, au premier bruit du danger, avait mvité le P. Broet à se réfugier avec les siens dans le diocèse de Clermont où ils pourraient, disait-il, prêcher, çonfesser et s'occuper d’'œuvres charitables. Le P. Supérieur, retenu à Paris par les Intérêts de la Compagnie, ne pouvait songer à une longue absence, et la nécessité de continuer leurs études, dès que la peste aurait disparu, ne permettait pas à ses religieux de trop s'éloigner de la capitale. Cependant pour accorder quelque satisfaction aux avances de l'évêque, il envoya le P. Jérôme Le Bas etle F. Jacques Morel en Auvergne!. Tous deux se mirent à la disposition de M£° du Prat. Ils évangélisèrent d'abord Beauregard, où se trouvait le château de l’évêque, ainsi que le pays environnant. Puis, pendant deux mois, à l'hôpital de Clermont, ils passèrent une partie de leur journée à consoler et à instruire les malades : après la messe de : chaque matin, les catéchismes, les instructions sur l’évangile et les sermons se succédaient jusqu’au soir. Toute populaire qu’elle fût, leur éloquence avait un charme si solide que les hommes et les femmes de la haute société, les magistrats et les chanoines se faisaient un plaisir de venir les écouter*.
Témoin de cette sympathie, à laquelle il s'attendait, M£' du Prat résolut de renouveler ses démarches auprès du P. Ignace en faveur de sa ville de Billom : « Depuis longtemps, lui écrit-il à la date du 29 septembre 1553, je vous ai exprimé mon désir de relever dans cette ville son ancienne Université, tellement déchue qu’elle conserve à peine quelques traces de sa primitive existence.…. Je garde l'espoir. que Dieu daïgnera vous inspirer de vouloir bien m'’accorder le concours de quelques-uns de vos
2, Disons d’abord comment s'établit notre premier collège
1. Jacques Morel, né däns le diocèse d'Evreux, entra dans la Compagnie en 1545 : « Vir apprime modestus, humilis, mansuetus, ut sibi rigidus ita comis omnibus, nullis parcens laboribus » (Lift. quadr., III, 528).