‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 123 sur 457 · Chronicon, LI, 296. Litt. quadr., IT · texte numérisé non relu

Chronicon, LI, 296. Litt. quadr., IT

frères. Je les recevrai avec toute l'affection et la tendresse d’un père, j aurai soin que rien ne leur manque pour leur honnête entretien et leurs progrès dans la vie spirituelle. J'ai acheté des bâtiments, que je mettrai de suite très volontiers à leur disposition, et, suivant leurs conseils, je suis prêt à exécuter tout ce que je reconnaitrai utile à la gloire de Dieu et au bien de votre Soclété!. » |

Dès qu'il eut connaissance de l’état des choses, le P, Général s’occupa de réunir quelques hommes de talent et de vertu, qui pourraient répondre à l'attente de l'évêque de Clermont. Son choix se porta sur deux Pères, anciens membres de la commu nauté de Paris, Pierre Chanal et Jean de la Goutte, qui avaient acquis l'expérience de l’enseignement en Espagne, et déjà fait preuve d’habileté et de dévouement2. Il les rappela en Italie, avec l'intention de les destiner à la fondation de Billom. Le P, Jean de la Goutte s'embarqua à Barcelone ; mais, arrivé sur les côtes de la Sicile, il tomba au pouvoir des corsaires turcs qui le transportèrent dans l’île de Zerbi, près de Tunis. A cette nouvelle, Ignace fit les plus actives démarches, et les Pères de Palerme et de Messine s'imposèrent les plus grands sacrifices, pour délivrer le pauvre captf; rien ne put satisfaire l’avidité des Barbaresques qu’animait une haine implacable contre les chrétiens. Ils prolongèrent indéfiniment les négociations, refusant toujours d'accepter la rançon, de plus en plus forte, dont on était convenu. Pendant ces interminables pourparlers, la vie du prisonnier se consumaît dans les privations et les souffrances. Une mort prématurée le rendit à la liberté des enfants de Dieu?. Le P. Pierre Chanal, plus heureux que Son compagnon, échappa aux mains des corsaires et parvint à Rome sain et sauf.

Tandis que le P. Ignace préparait des ouvriers à la fondation de M5 du Prat, le P. Broet et le P. Robert Claysson étaient allés rejoindre le P. Le Bas en Auvergne, au mois de novembre 1553. Ils parcoururent Le diocèse de Clermont, annonçant la parole de Dieu à une population très avide de l'entendre. Mais bientôt, la peste ayant cessé ses ravages à Paris, Les deux jeunes Pères, encore étudiants, durent songer au retour. Le P, Claysson partit le pre-

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