Chronicon, IT, 183, 229, Epist. mixt., n
mier, emportant les regrets de tous ceux qu'il avait évangélisés. Le second dimanche de l'Avent, le P. Le Bas fit de touchants adieux dans le sermon qui suivit la messe : les larmes et les sanglots de ses auditeurs trahirent l'affection dont il était l'objet. Puisil visita une dernière fois les malades de l’hôpital, qu'il essayait de consoler en leur laissant espérer de le revoir bientôt avec la permission de son supérieur. Au moment du départ, son refus du viatique et des dons qu'on voulait lui offrir édifia beaucoup tous les amis qui l’accompagnaient!. Le P. Paschase Broet, resté seul, entreprit, à la demande de l’évêque de Clermont, la visite de quarante-quatre paroisses; il put ainsi se rendre comple des besoins spirituels du diocèse, et il remit par écrit au prélat le résumé de ses observations.
La bonne impression laissée sur son passage par le P. Broet, et le souvenir des éloquentes prédications des PP. Claysson et Le . Bas, inspirèrent aux habitants le désir de voir la Compagnie s'établir en Auvergne. Nous savons que c'était aussi le vœu le plus ardent de Guillaume du Prat. Il venait de recevoir du Général des Minimes une lettre où l’on faisait le plus bel éloge du collège de Rome, et il pressait Le P. Supérieur d'obtenir du P. Ignace ce qu'il avait récemment demandé. Après avoir examiné les ressources des diverses localités du pays, le P. Broet reconnut qu’aueune ne se prêtait mieux aux ministères de l’Institut que Billom, placé sous la juridiction temporelle et spirituelle de l’évêque de Clermont. Un nombre d’écoliers assez restreint, sans doute, fréquentait son Université ; mais on pouvait compter qu'après la réforme des cours il deviendrait plus considérable*. Le Père aurait désiré qu'on bâtit un nouveau collège avant l’arrivée des religieux. M du Prat, au contraire, était d'avis qu’on envoyât d’abord les Jésuites, qui construiraient à leur gré et conformément à leurs usages. D'ailleurs, disait-il, cette fondation ne ferait aucun tort au futur établissement de Paris, auquel il avait l'intention de laisser la propriété de l'hôtel de Clermont avec des revenus!.
1 .Lettre du P. Broet à saint Ignace, 7 décembre 1553 (Epist. PP. Broeli, elc., p.98). Chronicon, IT, 299, 300. Litt. quadr., 1, 518-528.