Chronicon, II, 301. Epist. PP. Broeti, elc., p
Le P. Supérieur ayant envoyé à Rome un compte rendu détaillé de ses entretiens avec le généreux évêque, le P. Général répondit qu'il lui paraissait difficile, en ces temps de troubles occasionnés par la guerre entre le roi et l'empereur, d'envoyer des professeurs, surtout s'ils n'étaient pas français. Il voulut d’abord savoir si ces Pères pourraient vivre en sécurité dans ce pays. Un ami de confiance, auquel s’adressa le P. Broet, l’assura que même les sujets de l'empereur ne courraient aucun risque à Paris, à plus forte raison à Billom, pourvu toutefois, ajoutait-il, qu’il ne survienne pas de nouveaux décrets. Dans une telle incertitude, la prudence commandait de ne pas entreprendre une œuvre dont la réussite était encore douteuse. Aucun Père ne fut alors envoyé à Billom, et Le P. Supérieur lui-même, au commencement de février 1554, revint à Paris!.
Pendant le séjour du P. Broet en Auvergne, le directeur d’un collège de Périgueux, un docteur en théologie, avait fait présen- * ter aux Pères de l'hôtel de Clermont une requête où il demandait, pour ce pays abandonné, quelques ouvriers apostoliques : « PIût à. Dieu, y disait-il, qu'il vint à la pensée du Père Ignace de diriger de ce côté quelques-uns de ses frères! Ils feraient plus pour la gloire de Dieu dans ces contrées que dans certaines régions de l'Inde, tellement le culte divin et la doctrine chrétienne y sont obscurcis de ténèbres. Notre population, en ce qui concerne la foi, est plus ignorante que les Garamantes. Près de Bordeaux, s’étendent des forêts d’une trentaine de lieues, dont Les habitants, sans souci des choses du ciel, vivent comme des bètes de somme. On trouve des personnes de cinquante ans, qui n'ont jamais entendu une messe ni appris un mot de religion. » C'était une belle moisson promise au zèle des apôtres, malheureusement le petit nombre des religieux ne permit pas de répondre à ce pressant appel*. |
Peu de temps après le retour du P. Supérieur, ce fut le premier magistrat de la ville de Montargis, à vingt-cinq lieues de Paris, qui fit une démarche analogue. Il demandait, afin d'établir une école, qu'on lui envoyât un Père et un Frère, auxquels il offrait une maison, cent francs de rente et tout l’ameublement. Le curé qui avait à cœur de voir réussir l’entreprise, mettait, lui aussi, sa personne et ses livres à la disposition de la Compagnie. Comme pour Périgueux il fallut renoncer, au moins pour le