Lettre du 27 mai 1561 (Gallia, Epist. General., t. Il
4, Cf, La Popelinière, Hist, de France, 1, VIL,
parat, sous le titre dérisoire d’édit de tolérance, une ordonnance de Charles IX qui autorisait les ministres réformés à exercer leur culte dans toute l'étendue du royaume, excepté dans l’enceinte des villes. C'était un sanglant outrage à cette religion catholique qui faisait, depuis dix siècles, le bonheur et la gloire de la France. Ainsi le comprit le Parlemen! de Paris, dont les autres Parlements imitèrent l'exemple !. Saisi de cet édit, le 23 janvier, il représenta qu'il ne pouvait, en conscience, procéder à l'enregistrement ni mettre sur le même pied les huguenots et Les papistes. Pour vaincre son opposition, les meneurs du calvinisme organisèrent des émeutes qui, durant plusieurs jours, remplirent la ville de Paris de meurtre et de pillage. Dans les provinces, comme dans la capitale, des bandes sectaires armées commirent contre les catholiques, contre leurs églises et leur culte des actes de vandalisme et de barbarie, pillant les maisons et les couvents, massacrant des religieux et des prêtres ?. On mettait ainsi en pratique les recommandations de Calvin au marquis du Poët : « Surtout ne faites faute de défaire le pays de ces zélés faquins, qui exhortent le peuple par leurs discours à se bander contre nous, noircissent notre conduite et veulent faire passer pour rêveries notre croyance. Pareils monstres doivent estre étouffés, comme je fis en l'exécution de Michel Servet *. »
10. Pendant qu'on essayait d’effrayer le Parlement par les périls que sa résistance à l’Édit pouvait causer dans le royaume, le P. Lainez profondément affligé multipliait ses démarches, de nuit comme de jour, chez le roi, la reine-mère, les princes, les magistrats, démontrant à tous que faire la moindre concession c'était perdre la religion. On le supplia, à plusieurs reprises, de ménager sa santé, de moins s’exposer aux embüches des sectaires : « Les missionnaires, répondit-il, ont à supporter bien d’autres fatigues dans les pays infidèles; quant à ma vie, je la sacrifierais volontiers pour une si noble cause, mille fois heureux si Dieu m'accordait une grâce si précieuse “. » Il engageait avec le même zèle les prédicateurs, les docteurs de Sorbonne, les curés, les