‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 173 sur 457 · Lettre du P; du Coudret déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre du P; du Coudret déjà citée

3. « De malis Ecclesiae et de modo eis remedium afferendi » (Francia, Hist. prov., I, p. 9)...

plus tard Catherine de Médicis, sur les instances des prédicants, leur accorda de nouvelles conférences à Saint-Germain, docile à l'avis du P. Lainez, elle les réduisit à des entretiens particuliers entre théologiens catholiques et calvinistes. Ces pourparlers ne servirent qu à faire ressortir l'opiniâtreté des hérétiques et l’impossibilité d'arriver jamais à une entente. La discussion, ouverte le 28 janvier 1562, dura plusieurs jours. Bèze, Pierre Martyr, Pérosel et Marlorat attaquèrent avec violence le culte des saintes images; leurs erreurs furent vigoureusement réfutées par Le docteur Pelletier, le Général de la Compagnie de Jésus et le P. Polanco son secrétaire !. Les ministres ne savaient que répondre et cherchaient à entamer d’autres questions ; mais les docteurs orthodoxes, voyant la complète inutilité de toute discussion avec des adversaires qui niaient la vérité de parti pris, refusèrent de les écouter davantage. On leur enjoignit de mettre par écrit leurs objections, qui seraient soumises au jugement du Pape et du concile. Le 11 février, les conférences furent interrompues et prirent fin?.

Avant de partir de Rome, le P. Général avait ordonné dans toute la Compagnie des prières pour le succès de sa difficile mission et pour le salut de la France, « ce royaume qui depuis tant de siècles s'était montré si dévoué au service de Dieu et aux intérêts de l’Église? ». De Paris, il écrivit une seconde lettre circulaire, où il demandait à tous les siens d'offrir à Dieu des oraisons, des messes, des pénitences afin que le royaume très chrétien fût préservé de la corruption de l’hérésie. Plus que jamais, en effet, le besoin d'un secours surnaturel était nécessaire. Après le colloque et les conférences de Poissy, le chancelier de L'Hôpital, reconnaissant que la transaction entre catholiques et protestants était impossible sur le terrain théologique, avait résolu de la poursuivre sur le terrain politique. Déjà, à l'assemblée des Notables de Saint- Germain-en-Laye, il avait proposé de constituer l’État en dehors de toute religion : « Il n’est pas ici question, disait-il, de constituenda religione, sed de constituenda republica, et plusieurs peuvent être citoyens sans être chrétiens 4. » Le 17 janvier 1562,

1. « Touchant Poissy, disait plus tard Henri IV à Achille de Harlay, je veux que vous sachiez que si tous y eussent aussi bien fait comme un ou deux Jésuites, qui s’y trouvèrent fort à propos, les choses y fussent mieux allées pour les catholiques. » Discours de ce qui s’est passé en cour sur le rétablissement de la Compagnie (Galliarum monumenta historica, n. 67. Societatis Restitutio).

2. Collect. des Procès-verbaux des Ass. Gén. du Clergé, t. I, p. 36 et suiv.

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