‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en FranceChapitre 185 sur 457 · id. — 4. Lettre du P. Auger, 28 oct · texte numérisé non relu

id. — 4. Lettre du P. Auger, 28 oct

5. Nous le supposons coadjuteur, parce qu’en le nommant avec Jean Arnauld qu'il décore du titre de maître, le P, Auger l'appelle seulement Vincenzo; un peu plus loin il le nomme fratello Vincenzo.

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côte, il s'était empressé de s'entendre avec d’autres régents et déclara ensuite que les Pères n'étaient pas venus assez tôt. Il demanda que les patentes de Henri II fussent confirmées par son successeur, que Les Pères fussent approuvés par le roi et la reine de Navarre pour l’année à venir, qu’en attendant le vicaire général les logeât dans les quatre couvents de la ville. Quelque temps après, il objecta que les Jésuites ne s'étaient pas présentés « pour montrer leur scavoyr », et que la bulle du Pape ne mentionnait pas les lectures en droit civil et canon autorisées par le placet du roi. Enfin il décida que l’on ne pouvait exclure les maitres déjà engagés, que l’évèque serait prié d'obtenir l’enseignement du droit et de la médecine et que la ville se réserverait « l’auctorité de la justice et police, et de pouvoyr changer les régens! ».

Ici et là, quelques opinans du conseil exprimèrent naïvement le vrai motif de leur attitude hostile : « Lesdictz Jézoistes, déclare un certain Muguet, volent dressar une religion, comme si en Pamiés y en habia deffalhance. » Et « monsieur Dynes » d'ajouter : « N'y a lieu de recepvoyr lesdicts Jézoistes, à cause sont prestres religieux; de tant la ville ne les pouroict muer, ny pouroict avoyr conoyssance en faict de police et justice ?. »

Cette opposition systématique, si elle gèna les Pères, ne les fit point reculer. Ils étaient venus sur la demande d’un évêque chargé des intérêts religieux de son peuple et qui partageait avec Jeanne d’Albret la souveraineté de la ville. On ne devait pas profiter de son absence pour agir à l'encontre de ses droits et de ses intentions. Ils restèrent donc. Cependant, personne n’osa leur offrir un logement. Ils se retirèrent, en attendant le retour de l’évêque, dans un pauvre réduit « sans porte ni fenêtres à », et qui leur rappelait « à leur grande joie » l’étable de Bethléem. Ils vécurent d’abord du peu « de deniers restants de leur viatique ». Les chanoines leur firent quelques dons en nature. Ils avaient aussi, pour les soutenir, « de bons amis parmi les curés dont le zèle avait gardé un peu de religion à cette [malheureuse] ville # ».

Toutefois, dit le P. Auger, le priñcipal « remède était la patience ». Il fallait gagner du temps et surtout se faire apprécier. Avec la permission des chanoines et des curés, les Jésuites se mirent à prêcher. Le P. Pelletier, peu après son arrivée, s'était

1. Délibérations du 12 août et 20 oct. 1559 (Archiv. com. de Pamiers, D, 105).

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